13/08/2025
« Elle a eu ses règles en prison.
On lui a dit non.
Alors, elle a déchiré son matelas. »
Aujourd’hui, lors d’une conférence de presse, les avocats de Madame ZAHOLY Pascale, militante et députée suppléante, ont raconté des faits qui dépassent la politique pour toucher au cœur de l’humanité.
En détention, au moment de ses menstrues, elle a demandé des serviettes hygiéniques.
Selon ses avocats, la réponse a été un refus.
Elle aurait alors découpé des morceaux de son matelas — souillé d’urine — pour se nettoyer.
Ce que cela dit, au-delà de son cas, c’est la réalité invisible vécue par des centaines de femmes en prison en Côte d’Ivoire : la précarité menstruelle derrière les barreaux.
Un problème de santé, d’hygiène, mais surtout… de dignité.
Pourtant, le droit est clair :
• La Charte africaine des droits de l’Homme garantit la dignité de toute personne.
• Les Règles Mandela de l’ONU imposent aux administrations pénitentiaires de fournir les produits d’hygiène intime aux détenues.
• La Constitution ivoirienne interdit tout traitement inhumain ou dégradant.
Et malgré cela, chaque mois, certaines femmes subissent cette humiliation silencieuse.
Ce n’est pas un luxe.
Ce n’est pas une faveur.
C’est un droit.
📢 Il est temps d’agir : que l’État, l’administration pénitentiaire, la société civile et les acteurs privés s’assurent que chaque femme détenue ait un accès régulier et gratuit aux produits d’hygiène menstruelle.
Je tiens d’ailleurs à saluer l’Association des Jeunes Avocats de Côte d’Ivoire qui, lors de sa récente visite à la maison d’arrêt de Gagnoa, a offert des serviettes hygiéniques aux femmes détenues.
Ce type d’initiative concrète et humaine mérite d’être encouragé, multiplié… et institutionnalisé.
La prison prive de liberté, pas de dignité.
Et la justice, pour être complète, doit toujours rimer avec humanité.