Création - Expression - Héritage by Roger Levry

Création - Expression - Héritage by Roger Levry Journaliste culturel de renom totalisant plus de 30 ans de carrière. A la fois critique d'art, critique de cinéma, critique littéraire. Abonnez-vous

Sur cette page, je partage avec vous mes critiques, mes analyses et réflexions sur l'actualité culturelle.

Aménagement foncier/Dr. Kouamé N’Dri Etienne, expert du domaine : "Bâtir la paix par un aménagement durable et l’éveil d...
14/07/2026

Aménagement foncier/Dr. Kouamé N’Dri Etienne, expert du domaine : "Bâtir la paix par un aménagement durable et l’éveil des médias est un impératif"

​De retour du sommet onusien « Innovate4Cities 2026 » de Nairobi, l’expert en aménagement foncier, ambassadeur de la Paix et mécène culturel, livre un plaidoyer sans concession pour une urbanisation maîtrisée et scelle une alliance majeure avec les journalistes du REJAIPCI.

​La paix ne se résume pas à l'absence de conflit armé. Pour Dr. Kouamé N’Dri Etienne, elle est indissociable d'un cadre de vie sain, d'un environnement maîtrisé et d'un développement inclusif. Élevé au rang d’ambassadeur de la Paix par l’IAWPA (International Association of World Peace Advocates) et fort de son statut consultatif auprès de l'Ecosoc de l'ONU, ce bâtisseur de renom s'est confié à nous sans fard. Il dresse une feuille de route rigoureuse pour l’avenir des cités ivoiriennes et annonce un partenariat d’envergure avec la presse nationale.

​Le REJAIPCI et les médias, premier pilier du développement

​Cette année, l’action du Dr Kouamé N’Dri Etienne prend un tournant résolument démocratique à travers la signature d’un partenariat d'exception avec le Réseau des Journalistes pour l’Accès à l’Information en Côte d’Ivoire (REJAIPCI). Son but : engager et soutenir les professionnels des médias dans la production de grands dossiers, d'enquêtes et de reportages approfondis sur les défis délicats du foncier et de l'immobilier.
​« Les journalistes sont le premier pilier du développement d'un pays. Les médias sont le miroir qui donne écho de ce que nous sommes et le reflète à l’extérieur », affirme-t-il avec conviction.
Loin d’en rester aux vœux pieux, l’aménageur soutient déjà concrètement l'installation technique de Web radios et Web télévisions, s'affirmant comme le garant d'une information immobilière transparente et accessible à tous les citoyens.
​« Un homme qui a faim n’est pas un homme libre, et donc pas en paix avec lui-même. La paix, c'est aussi avoir des villes bien planifiées, sûres et inclusives », est-il convaincu.

​Urbanisme : comprendre la nature pour ne plus la subir

​Revenant sur les récentes vagues d'inondations et d’éboulements qui ont endeuillé Abidjan, l’expert déplace le débat : le cœur du problème n’est pas l’insuffisance technique des infrastructures, mais le non-respect délibéré de l'environnement par l'activité humaine.
​« Tous les cours d’eau ont un passage naturel qu’ils se créent par eux-mêmes. Si, dans la construction, on ne tient pas compte de la "route" de l’eau et qu’on construit dessus, l’eau va se créer un autre passage ou forcer le passage », analyse-t-il avec rigueur.
​Pour éviter des catastrophes comme celles de la Riviera, Dr. Kouamé N'Dri Etienne appelle l’État à des arbitrages courageux : identifier les zones à risques au cœur des bassins orageux, ordonner le départ de leurs résidents et y aménager exclusivement des infrastructures de drainage et de grands caniveaux, plutôt que d'y tolérer des habitations informelles ou anarchiques.

Les recettes clés de l'expert

Pour chaque lotissement, Dr. Kouamé N’Dri Etienne applique un triptyque méthodologique rigoureux : l’étude géologique approfondie du sol, le respect absolu du lit et du passage naturel de l’eau, et la planification concertée avec les communautés locales.

​Yamoussoukro : le modèle à préserver et dont il faut s'inspirer

​Basé au cœur de la capitale politique, Yamoussoukro, l’expert salue la mémoire et la vision du Père de la Nation, le président Félix Houphouët-Boigny, qui a su magistralement dompter et canaliser les lacs pour éviter les inondations. Mais la pression démographique monte. Pour l’aménageur, « la ville de demain se pense aujourd’hui ». Il exhorte les institutions et les fils de la région à l'anticipation pour que la capitale ne reproduise pas les erreurs de croissance incontrôlée constatées à Abidjan.

​Un humanisme actif hérité et assumé

​Cette vision globale de la sécurité foncière trouve ses racines dans un humanisme de terrain. Financement discret d’infrastructures scolaires, réhabilitation de commissariats de police, dons de matériels aux sapeurs-pompiers de Yamoussoukro et mécénat pour les industries culturelles et créatives (comme le MASA) témoignent de sa vision de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE).
​Inspiré par Gandhi et Raoul Follereau, l’expert conclut : « Le bien ne fait pas de bruit et le bruit ne fait pas de bien. Quand nous serons appelés au tribunal de l'histoire, je voudrais pouvoir répondre de ce que j'ai fait pour mon pays la tête haute ». Une interpellation constructive adressée à l'ensemble du secteur privé ivoirien.

Lég : Dr. Kouamé N’Dri Etienne, expert immobilier, fait ici des propositions pour l'avènement de villes saines et sécurisées partout en Côte d’Ivoire.

Portrait/Mimi Errol : ​l’esprit analytique : une plume au service du sensMimi Errol est une figure incontournable de la ...
13/07/2026

Portrait/Mimi Errol : ​l’esprit analytique : une plume au service du sens

Mimi Errol est une figure incontournable de la critique d'art et du journalisme culturel en Côte d'Ivoire. Acteur clé de la scène contemporaine africaine, il s'est imposé au fil des décennies comme un observateur privilégié et un analyste fin des mutations plastiques et esthétiques du continent.
Je propose ici un portrait de cet éminent passeur de culture.

​Mimi Errol se distingue par une approche rigoureuse et profondément réflexive de l'œuvre d'art. Loin de se contenter d'une simple description esthétique ou technique, sa critique cherche à décoder les intentions cachées de l'artiste, à inscrire le travail plastique dans une trajectoire historique et à l'ancrer dans les réalités sociopolitiques contemporaines.
Sa plume est caractérisée par une élégance stylistique mêlée à une grande clarté pédagogique. Pour lui, la critique d’art n’est pas un exercice élitiste fermé sur lui-même, mais une passerelle essentielle entre l’artiste et le public, visant à rendre l'art accessible sans jamais en diluer la complexité.

​Le témoin et compagnon des artistes

​Plus qu'un simple observateur extérieur, Mimi Errol est un véritable compagnon de route pour de nombreux créateurs. Qu'il s'agisse des maîtres historiques de l'art ivoirien ou des figures montantes de la peinture, de la sculpture et des arts visuels contemporains, il entretient un dialogue constant avec les ateliers.
Ses textes de catalogue, ses préfaces d'expositions et ses articles de fond témoignent d'une profonde empathie pour la démarche créative. Il sait capter l'essence du geste artistique, qu'il s'agisse de l'exploration de la matière, du travail sur la mémoire ou de la réinvention des codes traditionnels.

​Un pilier du journalisme culturel en Côte d'Ivoire

​Le parcours de Mimi Errol est indissociable de l'évolution des pages culturelles dans la presse ivoirienne. À une époque où le journalisme culturel devait encore conquérir ses lettres de noblesse face à l'actualité politique et économique, il a su imposer des standards élevés de professionnalisme. Par ses chroniques, ses grands entretiens et ses reportages, il a contribué à documenter l'histoire immédiate des arts visuels à Abidjan et au-delà, constituant ainsi une archive précieuse pour les générations futures.

​L'animateur de la vie intellectuelle et artistique

​Au-delà de l'écriture, Mimi Errol est un acteur engagé dans l'écosystème artistique. Il participe régulièrement à des jurys artistiques, anime des tables rondes, des panels et des conférences lors de grands rendez-vous culturels (festivals, biennales, vernissages). Son expertise est recherchée tant par les galeries d'art privées que par les institutions culturelles pour penser la diffusion et la valorisation de l'art africain.
​En résumé, Mimi Errol incarne la figure du critique d'art passionné et exigeant. Par son engagement intellectuel et sa sensibilité, il continue de jouer un rôle déterminant dans la légitimation, la compréhension et le rayonnement de la création contemporaine en Côte d'Ivoire et sur le continent africain.

Lég : Le critique d'art Mimi Errol est une plume qui compte dans l'univers des arts visuels en Côte d’Ivoire.


Portrait/Christian Lattier : Le titan de la corde et du fer qui a révolutionné l'art ivoirien​Christian Lattier a exposé...
11/07/2026

Portrait/Christian Lattier : Le titan de la corde et du fer qui a révolutionné l'art ivoirien

​Christian Lattier a exposé aux côtés des peintres espagnols Pablo Picasso et Salvador Dalí, dompté le fer et la ficelle, et s'est imposé comme le père incontesté de l’art contemporain en Côte d’Ivoire.
Portrait d'un génie visionnaire que le ministre français de la Culture, André Malraux, avait sacré « hors concours toutes disciplines ».

​De la rigueur des pères à la consécration parisienne

​Le destin hors norme de Christian Lattier commence entre les murs de la Mission catholique d'Abidjan au début des années 1930. Très vite, son parcours prend une trajectoire internationale : cap sur la France, où il passe une décennie chez les Pères Maristes dans la Loire, avant de révéler son immense talent brut à l’École des Beaux-Arts de Saint-Étienne. En à peine deux ans, il y rafle tous les premiers prix.
​Sa soif d'apprendre le mène ensuite à l’École des Beaux-Arts de Paris. Sous l’œil exigeant des maîtres Paul Niclausse et Georges Saupique, le jeune Ivoirien s'initie au modelage, à l'architecture et à la sculpture, affinant ses armes au sein de la prestigieuse agence Daumet-Guth.
Dès le début des années 1950, ses premières pièces sculpturales posent, sans qu'il le sache encore, les fondations de l’art contemporain ivoirien.

​Le retour du maître et le choc des « Trois Âges »

​Lorsqu'il regagne une Côte d'Ivoire fraîchement indépendante en 1962, Christian Lattier ne revient pas seulement pour créer, mais pour transmettre. Il intègre l'École nationale supérieure des Beaux-Arts d'Abidjan pour y enseigner la sculpture à la nouvelle génération.
​Lattier voit grand, très grand. Son œuvre monumentale, Les Trois Âges de la Côte d’Ivoire — un colosse de ferraille de 8 mètres de haut pesant près d'une tonne et demie — a longtemps marqué les esprits des voyageurs en trônant fièrement dans la salle d’enregistrement de l’aéroport d’Abidjan-Port-Bouët.

​Un héritage gravé dans le patrimoine ivoirien

​Le sommet de sa reconnaissance critique survient en 1966, lors du mythique premier Festival mondial des Arts nègres de Dakar. Face au monde, Lattier décroche le Grand Prix, poussant un André Malraux admiratif à le déclarer « hors concours toutes disciplines ».
​Aujourd'hui, si l'artiste n'est plus, son âme vibre toujours sur les bords de la lagune Ébrié. Le Palais de la Culture d’Abidjan, majestueusement dressé à Treichville entre les ponts Houphouët-Boigny et Général de Gaulle, a baptisé sa galerie principale « Galerie Christian Lattier ». Un hommage éternel à celui qui a appris à la matière à raconter l'Afrique moderne.
Il est bon de savoir que cet artiste-peintre et sculpteur considéré comme le père de l'art contemporain en Côte d’Ivoire par ses pairs et les critiques d'art est né le 25 décembre 1925 à Grand-Lahou et est mort en 1978.

Lég : Ici la couverture de l'ouvrage du Pr. Yacouba Konaté présentant l'immense œuvre du sculpteur ivoirien Christian Lattier.

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Régulation des médias : Bakary Sanogo s'installe à la tête de l'ANP sous le signe de la continuité​L'Autorité nationale ...
09/07/2026

Régulation des médias : Bakary Sanogo s'installe à la tête de l'ANP sous le signe de la continuité

​L'Autorité nationale de la presse (ANP) change de capitaine. Bakary Sanogo a officiellement pris ses fonctions de président de l'organe de régulation ce mercredi 8 juillet 2026, succédant à Samba Koné. Entre gratitude pour le travail accompli et promesses de modernisation, le nouveau patron des médias ivoiriens affiche ses ambitions.
​C’est dans les locaux de l’institution, situés à Abidjan-Cocody-les II Plateaux, que s’est jouée cette transition majeure pour le paysage médiatique ivoirien.
La salle Eugène Dié Kacou a servi de cadre à cette passation des charges orchestrée par Léandre Anoma-Kanié, l'inspecteur général du ministère de la Communication, en application du décret de nomination signé le 30 juin dernier par le chef de l'État Alassane Ouattara.

​Un bilan salué et des dossiers transmis

​Avant de passer le témoin, le président sortant, Samba Koné, a jeté un regard rétrospectif sur ses années de gouvernance. Exprimant sa reconnaissance envers ses équipes et les partenaires sectoriels, il a chaleureusement encouragé son successeur à maintenir le cap d’une régulation forte, avant de lui remettre officiellement les dossiers administratifs de la maison.

​Cap sur la modernisation et la déontologie

​Fraîchement installé, Bakary Sanogo a tenu à saluer la vision du président Alassane Ouattara pour la confiance à lui accordée, tout en rendant un vibrant hommage à l'héritage laissé par son prédécesseur. Point de rupture en vue, mais plutôt une volonté affichée de consolider les bases existantes.
​Le nouveau président de l'ANP a tracé les grandes lignes de sa feuille de route :
​-Continuité et rigueur dans l'application des textes juridiques;
​-Modernisation de l'institution pour l'adapter aux nouveaux défis technologiques et médiatiques;
​-Promotion d'une presse responsable attachée au strict respect de l'éthique et de la déontologie.
​En fin de cérémonie, le ministère de la Communication, par la voix de son inspecteur général, a réitéré son soutien total au nouveau président pour l'aider à mener à bien sa mission : faire de la presse ivoirienne un modèle de crédibilité et de professionnalisme.

Lég : Bakary Sanogo (à gauche) est le nouveau patron de l’ANP.

SICA 2026 : un budget record de 100 millions de FCFA pour propulser les talents de l’audiovisuel africain​Abidjan a vibr...
09/07/2026

SICA 2026 : un budget record de 100 millions de FCFA pour propulser les talents de l’audiovisuel africain

​Abidjan a vibré au rythme de l’industrie créative ce mercredi 8 juillet. Réunis à l’espace Latrille Events de Cocody, les acteurs clés des industries culturelles, les autorités publiques et les professionnels des médias ont assisté au lancement officiel des concours de valorisation des talents de la 4ème édition du Salon international du Contenu audiovisuel (SICA) à l'espace Latrille Events sis à Abidjan-Cocody.
L'événement phare se tiendra du 26 au 28 novembre 2026 dans la capitale économique ivoirienne.

​Au-delà des prix : structurer et internationaliser

​Pour cette édition 2026, le SICA passe à la vitesse supérieure. Le commissaire général de l'événement, Konaté Oumar, a réaffirmé sa volonté de faire de ce salon un véritable tremplin opérationnel pour les créateurs ivoiriens et africains.
​L'ambition ne se limite plus à la simple remise de récompenses :
​-Accompagnement global : mise en place de programmes de mentorat et de coproduction;
​-Financement : faciliter l'accès aux investissements et ouvrir les portes des marchés internationaux;
​-Exigence de qualité : un accent particulier mis sur la production de contenus respectant les standards mondiaux pour booster la compétitivité du continent.

​Professionnalisation et réformes structurelles

​Le constat des éditions précédentes appelle au changement. Prenant la parole, Meïté Sindou, directeur général de l’Agence de soutien et de développement des médias (ASDM), a souligné l'urgence de mieux encadrer les porteurs de projets. Il a ainsi annoncé une réforme profonde du dispositif actuel visant à renforcer la professionnalisation des créateurs et à garantir un suivi rigoureux des œuvres de bout en bout.
​Après quoi il a fait une annonce phare. Sur instruction du ministre de la Communication, a-t-il révélé, l’enveloppe globale allouée à la valorisation des talents connaît une hausse significative, passant de 80 à 100 millions de FCFA.
​Cette augmentation budgétaire historique confirme l'engagement des autorités à faire du SICA un levier stratégique incontournable pour le développement et le rayonnement du paysage audiovisuel africain.

Lég : Le concours de valorisation des talents de la 4ème édition du Salon international du Contenu audiovisuel (SICA) a été lancé mercredi dernier.

Portrait/Pr. Yacouba Konaté : le passeur et théoricien de l’art africain contemporain​Né en 1953 à Katiola, Pr. Yacouba ...
09/07/2026

Portrait/Pr. Yacouba Konaté : le passeur et théoricien de l’art africain contemporain

​Né en 1953 à Katiola, Pr. Yacouba Konaté est une figure monumentale de la vie intellectuelle, académique et culturelle, tant en Côte d’Ivoire que sur l'ensemble du continent africain. Philosophe, critique d'art de renommée internationale et grand commis de l'État, il a consacré sa vie à donner à l’art contemporain africain les clés de sa propre narration.

​Un parcours académique d'excellence et un engagement institutionnel

​Titulaire d'un Doctorat d’État de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Yacouba Konaté est professeur titulaire de philosophie à l’Université Félix Houphouët-Boigny d'Abidjan-Cocody. Son immense bagage académique s'est exporté bien au-delà des frontières ivoiriennes, l'amenant à enseigner dans de prestigieuses institutions internationales telles que Stanford et l'Université de Floride aux États-Unis, l'EHESS en France, ou encore l'Université Laval au Canada.
​En Côte d'Ivoire, son influence est profondément structurelle. Mettant son expertise au service de l'État, des institutions et de la jeunesse, il a occupé de hautes fonctions administratives et politiques.
​Au cœur des ministères et institutions, il a été directeur de cabinet au ministère de la Culture et de la Francophonie, ainsi que Secrétaire général de la Grande Chancellerie de l'Ordre national.
​À la tête de la formation artistique, il a dirigé l’Institut national supérieur des Arts et de l'Action culturelle (INSAAC) et l’Institut national des Arts et Cultures.
​Au sommet des sociétés savantes, il apporte aujourd'hui son expertise unique en tant que membre éminent du domaine des Arts et de la Culture au sein de l'ASCAD (Académie des Sciences, des Arts, des Cultures d'Afrique et des Diasporas africaines).

​Le bâtisseur des plateformes culturelles majeures

​C'est dans la gestion culturelle et la mise en valeur des créateurs que l'empreinte du Pr. Yacouba Konaté est la plus spectaculaire. Il a su transformer des espaces d'exposition et des festivals en véritables carrefours internationaux.
​-Le MASA (Marché des Arts du Spectacle d’Abidjan) : directeur général de cette institution phare de 2014 à 2021, il a redressé ses finances et consolidé sa position de carrefour incontournable des arts vivants et des industries culturelles africaines.
​-La Rotonde des Arts contemporains qu'il dirige depuis 2009 au Plateau (galerie Nour-al-Hayat), offrant un espace d'expression permanent et prestigieux aux artistes de la place.
-Un ambassadeur global : premier responsable africain à devenir président mondial de l'Association internationale des critiques d'art (AICA) en 2008, il a également été expert pour l'Union européenne et commissaire général/directeur artistique de rendez-vous majeurs comme la Biennale de Dakar (Dak'Art) en 2006, ou encore de l'exposition itinérante panafricaine « Prête-moi ton rêve » au MuCAT d'Abidjan en 2020.

​L'historien et théoricien des esthétiques locales

​Yacouba Konaté n'est pas seulement un promoteur, il est celui qui écrit l'histoire. À travers ses ouvrages de référence, il documente, théorise et inscrit les génies locaux dans l'histoire de l'art globale. Ses publications font aujourd'hui autorité pour comprendre les mutations de l'esthétique contemporaine africaine :
​-"Alpha Blondy : reggae et société en Afrique noire" (1987) : une analyse pionnière des dynamiques musicales et sociopolitiques;
​-"Christian Lattier : le sculpteur aux mains nues" (1993) : la monographie de référence dédiée au génie de la sculpture en ficelle de corde;
​-"La Biennale de Dakar : pour une esthétique de la création contemporaine africaine" (2009) : un décryptage des enjeux de la scène visuelle du continent.
​-"Esprit vohou-vohou, es-tu là ?" (2015) : l'ouvrage essentiel pour comprendre l'évolution, les techniques de récupération et l'identité de ce mouvement pictural historique ivoirien.
​Intellectuel engagé, Pr. Yacouba Konaté incarne parfaitement la symbiose entre la rigueur de la recherche scientifique et le génie de la création artistique. Un véritable passeur de culture dont l'œuvre continue de faire rayonner la Côte d’Ivoire sur la scène mondiale.

Lég : Pr. Yacouba Konaté est une sommité de l'écosystème des arts visuels en Côte d’Ivoire.



FIMEC 2026 : « Les compétences sont les infrastructures invisibles d’une Nation »,  selon la DG de l’AGEFOP​À quelques j...
08/07/2026

FIMEC 2026 : « Les compétences sont les infrastructures invisibles d’une Nation », selon la DG de l’AGEFOP

​À quelques jours de la deuxième édition du Forum international des Métiers et des Compétences (FIMEC), qui se tiendra les 15 et 16 juillet prochains au Palais des Congrès du Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire, la directrice générale de l’AGEFOP (Agence nationale de la Formation professionnelle), Karitia Coulibaly-De Medeiros, a dévoilé les grandes orientations de cet événement majeur, partageant ainsi les ambitions et la vision qu'elle a pour son événement majeur avec la nombreuse assistance venue l'écouter.
Mardi 7 juillet, au Casino Barrière du Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire sis à Abidjan-Cocody, face à la presse, de jeunes étudiants et en présence des ambassadeurs de ce forum qu'organise son agence, elle a réaffirmé le rôle crucial de la formation dans le développement économique du continent, au cours de la conférence de lancement du FIMEC 2026.

​Inverser le paradigme : la formation comme investissement stratégique

​Pour la directrice générale de l’AGEFOP, il est urgent de changer de regard sur l'apprentissage technique.
​« La formation professionnelle ne devrait pas être perçue comme une dépense sociale », a-t-elle martelé, avant de préciser qu’elle devient désormais « un levier stratégique des politiques publiques au service de la compétitivité des entreprises, de l'industrialisation, de l'entrepreneuriat et de l'inclusion sociale ».
​Dans un contexte mondialisé où l’intelligence artificielle et la digitalisation redéfinissent les contours du marché du travail, la richesse d’un pays ne s'évalue plus à ses matières premières, a-t-elle fait savoir. « Les ressources naturelles peuvent générer de la valeur ; les compétences, elles, créent durablement la prospérité », a-t-elle insisté, qualifiant ces dernières d'« infrastructures invisibles d’une nation ». « Les routes relient les territoires, les ports relient les économies. Les compétences, elles, relient les générations à leur avenir », est-elle convaincue.

​Un forum ancré dans les réalités locales et les mutations de l'IA

​Revenant sur le paradoxe ivoirien d'un marché où des milliers de jeunes cherchent un emploi pendant que les entreprises peinent à recruter, la patronne de l'AGEFOP a rappelé le succès de la phase pilote du Programme national Passeport-Compétences. Présentés le 18 juin dernier à la Primature, ses résultats prouvent que l'insertion réussie passe par une adéquation stricte avec les spécificités des territoires, combinée à l'acquisition de soft skills et de compétences numériques.
​Le FIMEC 2026 franchira une nouvelle étape en se positionnant comme un laboratoire concret, a-t-elle révélé. Durant ces deux jours, des ateliers et panels aborderont, pendant le FIMEC 2, des sujets cruciaux tels que la transition de l'informel vers le formel, le financement de la formation, ainsi que l'utilisation de l'intelligence artificielle pour booster l’employabilité des jeunes.

​Une célébration nationale et un appel à la jeunesse

​Fait marquant de cette édition : le choix délibéré de faire coïncider le forum avec le 15 juillet, décrété Journée mondiale des Compétences des Jeunes par les Nations unies. Preuve de la volonté de décentraliser cette dynamique, des "mini-FIMEC" sous forme de journées portes ouvertes se tiendront simultanément à l'intérieur du pays, notamment à Odienné, Man, Bouaké, San-Pedro et Daoukro.
​En conclusion, la directrice générale de l’AGEFOP a lancé un appel vibrant à la mobilisation générale, s'adressant tout particulièrement à la nouvelle génération :
​« N'attendez pas que l'avenir se construise sans vous. Formez-vous. Innovez. Entreprenez. [...] Vos compétences seront votre meilleur passeport vers l'emploi, vers l'autonomie, vers la dignité et vers la réussite ».
Avant, elle n'a pas manqué de faire le bilan- jugé positif- de la 1ère édition de son événement tenue les 10 et 11 février 2025, toujours au Palais des Congrès du Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire, en mettant les engagements pris et les avancées qu'elle a apportées à la formation professionnelle en Côte d’Ivoire.
​Le rendez-vous est pris pour les 15 et 16 juillet afin de transformer le potentiel africain en véritable puissance économique.

Lég : La DG de l’AGEFOP a officiellement lancé la 2nde édition du FIMEC, le mardi 7 juillet, à Abidjan.

Régulation des médias : Brou Aka Pascal prend officiellement les rênes de la HACA​Le siège de la Haute Autorité de la Co...
08/07/2026

Régulation des médias : Brou Aka Pascal prend officiellement les rênes de la HACA

​Le siège de la Haute Autorité de la Communication audiovisuelle (HACA) a vibré au rythme de la continuité républicaine ce mardi 7 juillet 2026. Me René Bourgoin a officiellement passé le flambeau à Brou Aka Pascal, ouvrant ainsi un nouveau chapitre pour le régulateur de l’audiovisuel ivoirien.
​Pour le président sortant, Me René Bourgoin, ce rituel va bien au-delà du protocole. « La passation des charges à laquelle nous assistons aujourd'hui est bien plus qu'un simple exercice institutionnel. Elle est l'expression de la continuité de l'État et de la permanence de nos institutions », a-t-il partagé, non sans exprimer sa profonde gratitude au chef de l’État, Alassane Ouattara, pour sa confiance de longue date.

​Un bilan solide et des chantiers d'avenir

​En jetant un regard rétrospectif sur son mandat, le magistrat s’est félicité des avancées majeures obtenues sous son leadership, particulièrement sur le terrain complexe de la régulation des réseaux sociaux et des plateformes numériques. Tout en se disant fier du chemin parcouru, Me René Bourgoin a tracé les lignes des défis urgents qui attendent son successeur : le déploiement de la Radio Numérique Terrestre (RNT); la monétisation des contenus audiovisuels et en ligne; l’accentuation de l’éducation aux médias.

​Dialogue et impartialité : la feuille de route du nouveau président

​Fraîchement investi, Brou Aka Pascal s’installe à la tête de la HACA avec une conscience aiguë de la charge qui lui incombe. Saluant le « travail considérable » de son prédécesseur, qui offre selon lui un « socle précieux » pour l’avenir, cette figure bien connue des médias ivoiriens a remercié à son tour le président de la République pour cet « immense honneur ».
​Face aux mutations fulgurantes du paysage médiatique, la stratégie de Brou Aka Pascal est claire : « Je prends l'engagement de remplir cette mission avec diligence, impartialité et détermination. Mon action sera guidée par la recherche permanente de l'intérêt général, la promotion de la liberté de communication dans le respect de la loi et de la déontologie ».
​Pour réussir ce pari, le nouveau patron de la HACA entend placer son mandat sous le signe de « l'écoute, du dialogue et de la concertation ».

​La reconnaissance de la tutelle

​Témoin de ce passage de témoin, l’Inspecteur général du ministère de la Communication, Léandre Kanié Anoma, représentant le ministre de tutelle, a rappelé un principe fondamental : « Les hommes passent, mais l'administration demeure ».
​Après avoir rendu un vibrant hommage au parcours d’État de Me René Bourgoin, il a exprimé la totale confiance du gouvernement envers Brou Aka Pascal. Rappelant son immense bagage dans l'univers des médias et du service public, il l'a encouragé dans ses nouvelles fonctions : « Le président de la République vous confie cette mission à la tête de la HACA. Bon vent à vous, bon courage. Je sais que vous pouvez gérer cette institution en maître ».

Lég : Brou Aka Pascal succède à Me René Bourgoin à la tête de la HACA.

Portrait/Youssouf Bath : le « Sorcier » qui a fait vibrer l'écorce de l'art contemporain africain​Par une ironie du sort...
07/07/2026

Portrait/Youssouf Bath : le « Sorcier » qui a fait vibrer l'écorce de l'art contemporain africain

​Par une ironie du sort, c'est une crise économique majeure qui a libéré l’un des mouvements les plus audacieux de l’histoire de l’art ivoirien. Au cœur de cette révolution texturée et organique se tient un homme, écorce de bois et pigments naturels à la main : Youssouf Bath. Portrait du « Sorcier Vohou » qui a bousculé le classicisme académique pour reconnecter la peinture avec ses racines sacrées.

​Dans les couloirs de l’École nationale des Beaux-Arts d’Abidjan, au début des années 1970, l’heure est à la rigueur occidentale. Sous le regard de professeurs français, les étudiants s'exercent à la parfaite maîtrise de la perspective et de la peinture à l’huile. C’est alors que le premier choc pétrolier de 1972 frappe de plein fouet l'économie ivoirienne, coupant net les budgets de l'école.
Privés de toiles et de tubes de gouache, les jeunes artistes font face à un dilemme : renoncer ou réinventer.
​Youssouf Bath et ses camarades choisissent la seconde option. C’est le certificat de naissance du Vohou-Vohou (terme gouro signifiant « assemblage de bric et de broc »).
Plutôt que de pleurer le matériel manquant, la bande de l'Ecole des Beaux-Arts investit la nature et la rue. Les racines, les objets de récupération et les décoctions de plantes remplacent la palette traditionnelle.
Au milieu de cette émulation, Bath s'impose rapidement comme le plus radical, le plus habile et surtout le plus viscéralement attaché à l'identité locale.

​L’écorce pour témoin

​Si les membres du collectif explorent tous le collage et la matière, Youssouf Bath trouve son support de prédilection dans le tapa, cette étoffe traditionnelle obtenue par le battage d'écorces de bois. Ses camarades ne s'y trompent pas et le surnomment affectueusement le « Sorcier Vohou ».
Entre ses mains, la matière brute prend vie. Le tapa cesse d’être un simple fond pour devenir le narrateur d'une cosmogonie où le sacré côtoie le profane.
​Le style de Bath est un paradoxe visuel captivant : à la frontière du figuratif et de l'abstrait, ses œuvres mêlent des motifs sacrés traditionnels, des corps et des regards tourmentés à ce qu'une critique de l’époque qualifiait de « machines infernales ».
En animant ses compositions de pigments naturels et d'objets trouvés, l'artiste n’invite pas seulement à la contemplation; il plonge le spectateur dans un monde onirique. Une quête esthétique pensée comme une reconnexion nécessaire avec nos origines pour mieux déchiffrer la violence et la complexité du présent.

​De Paris à New York, le choix de la terre natale

​Après avoir parachevé sa formation aux Beaux-Arts de Paris, Youssouf Bath tente un temps l'aventure hexagonale. Mais l'appel des racines est plus fort. Conscient que son art tire sa sève de la terre ivoirienne, il fait le choix crucial de rentrer au pays. Un ancrage qui n'a jamais freiné son rayonnement international, bien au contraire.
​En 1990, le nom de Youssouf Bath s'affiche en lettres capitales à New York. Il est invité au Studio Museum in Harlem pour l'exposition historique Contemporary African Artists : Changing Tradition. Aux côtés de géants du continent comme le sculpteur nigérian El Anatsui ou le Ghanéen Ablade Glover, le peintre de Tabou prouve au monde que la création africaine n’est pas une réplique des courants occidentaux, mais une force d'avant-garde autonome capable de transformer la précarité matérielle en transcendance esthétique.
​Aujourd'hui, alors que les artistes contemporains du continent explorent massivement le recyclage et les questions écologiques, l'héritage du « Sorcier » résonne avec une force intacte. Youssouf Bath a démontré qu'en art, le manque n'est pas une limite : c'est le point de départ de la magie.

Lég : Le plasticien Youssouf Bath est l'un des plus anciens acteur de l'art contemporain ivoirien encore en activité.

Adresse

Côte D'Ivoire
Cocody

Site Web

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