20/05/2026
Embarquer une future sourdaveugle à 2250 m d'altitude pour tester l'accessibilité en montagne : génie ou idée totalement inconsciente ?
Spoiler : C’est du génie.
Il y avait presque 20 ans que je n'avais pas foulé le sol de Chamrousse qui, pour beaucoup, ravive les souvenirs de notre enfance d’écolier marqués par les classes de neige et vertes à Bachat-Bouloud.
Mais là, j'y étais pour une mission bien plus sérieuse que siroter un bébé rose.
(vous avez la réf ?)
Hier, dans le cadre des journées parasport et montagne, mandatée par l’agence de design Mengrov et co-construites avec le Comité Paralympique et Sportif français, la DRAJES et la Station Chamrousse - Office de Tourisme, j'ai participé à une journée de repérage pour l’immersion totale test de 24h en juin prochain.
💡L’objectif ? Passer de la norme à l’usage réel en identifiant les points de friction, en analysant les parcours (navettes, téléphérique, restaurants, galerie commerciale, hôtel, médiathèque, sanitaires...) & en croisant les expertises techniques avec notre savoir d’usage.
Parce qu'on ne mesure pas l'accessibilité d'une station de ski depuis un bureau mais bien les pieds dans la neige.
Peu importe la pathologie : l’accessibilité est trop souvent abordée sous le seul prisme réglementaire ou vécue comme une contrainte.
Vous pouvez avoir le matériel le plus performant du monde, si les lieux sont inaccessibles ou si l'accueil chez les commerçants n'est pas adapté alors la montagne reste impraticable pour 1 français sur 5.
Alors oui, les infrastructures de Chamrousse datent de 1964 et on ne peut pas tout révolutionner d'un coup de baguette magique mais je suis convaincue qu’avec de l'ingéniosité et de la volonté, cet écrin de nature peut devenir accessible à tous.
Ce qui a fait la richesse de cette journée, c'est la diversité des profils.
Randonneurs, sportifs, vacanciers, aidants, associations, collectivités, offices de tourisme et fédérations...
Une aventure fondamentale où chacun(e)s a partagé ses expériences, ses analyses et a pu mettre des visages sur des noms. Nous avons analysé et débattu ensemble sur le terrain et ces échanges étaient nécessaires.
Au-delà du feedback terrain, c’est aussi l’occasion unique de pousser le bouchon un peu plus loin sur l’inclusion en tentant le début d'une grande histoire pour ma marque de mode Yeux de l'esprit :
nouer des partenariats B2B dans le but d’équiper les clients et les athlètes déficients visuels avec mes étuis de transport handi et eco responsables pour cannes blanches. Elles ont été pensées pour être aussi pratiques sur les pistes lors des Jeux Paralympiques d’hiver qu’au quotidien.
Les dés sont lancés 🎲
Un immense merci à Céline Varenne Souchon, Sylvain Souchon & Joël Basile pour cette incroyable opportunité ainsi qu’à Christopher Hardy pour son accueil si chaleureux et sans oublier l’énergie de tout l’écosystème qui fait vivre le tourisme en altitude.
On se donne rendez-vous en juin pour la suite de l'aventure !