26/08/2026
7 femmes. 7 jours.
Sept vies arrachées en une seule semaine. Sept histoires brutalement interrompues. Sept silences imposés là où il y avait, autrefois, des rires, des rêves, des projets, des enfants, des parents, des amis.
Et derrière chaque féminicide, il y a parfois une histoire que personne n’a su entendre.
Parce que l’amour et la haine ne vivent pas toujours à des kilomètres l’un de l’autre. Parfois, ils ne sont séparés que par une fine couche. Une frontière invisible. Un fil fragile qui se déchire doucement.
Au début, il dit :
« Je t’aime. »
Puis il dit :
« Je veux juste savoir où tu es. »
Puis :
« Je m’inquiète pour toi, envoie-moi une photo. »
Puis :
« Je ne veux pas que tu voies cette personne. »
Puis :
« Tu ne t’habilleras pas comme ça. »
Puis :
« Sans moi, tu n’es rien. »
Et un jour, la femme ne sait plus très bien qui elle est.
Les bleus que l’on voit font peur.
Mais il existe des blessures que personne ne photographie.
Il y a les mots qui diminuent.
Les humiliations répétées jusqu’à devenir une petite voix dans la tête.
Les menaces déguisées en jalousie.
Les excuses qui arrivent après la cruauté.
Les promesses qui suivent les larmes.
Les « pardon, je vais changer » qui deviennent un cercle.
Et peu à peu, la violence psychologique fait son œuvre.
Elle ne frappe pas toujours le corps.
Elle frappe l’estime de soi.
Elle vous apprend à vous excuser d’exister.
À surveiller vos paroles.
À avoir peur de vos propres choix.
À croire que tout est de votre faute.
À penser que personne ne vous aimera jamais mieux.
À confondre la peur avec l’amour.
Mais non.
Avoir peur de la personne qui dit vous aimer n’est pas une preuve d’amour.
Être surveillée n’est pas être protégée.
Être contrôlée n’est pas être aimée.
Être humiliée n’est pas être corrigée.
Être isolée n’est pas être chérie.
La jalousie n’est pas une preuve d’attachement.
La violence n’est pas une passion trop forte.
L’amour ne devrait jamais demander de disparaître pour survivre.
Et si tu lis ces mots en te disant :
« Il n’est pas toujours comme ça… »
« Il a eu une enfance difficile… »
« Il s’excuse après… »
« Peut-être que c’est moi qui exagère… »
Arrête-toi un instant.
Tu n’es pas obligée d’attendre le coup pour appeler cela de la violence.
Tu n’es pas obligée d’attendre l’hôpital.
Tu n’es pas obligée d’attendre la dernière menace.
Tu n’es pas obligée d’attendre que ton nom devienne un hashtag.
Ton malaise est déjà une information.
Ta peur est déjà un signal.
Ton corps qui tremble quand il appelle est déjà un signal.
Le besoin de mentir à tes proches pour cacher ce qu’il te fait est déjà un signal.
Et si un jour tu te sens en danger : SOS.
Parle.
À une amie.
À un frère.
À une sœur.
À un parent.
À une voisine.
À une association.
À quelqu’un qui peut t’écouter et t’aider à te mettre en sécurité.
Parce que partir n’est pas toujours facile.
Parce que partir n’est pas toujours immédiat.
Parce qu’aimer quelqu’un qui nous détruit est une prison dont la porte n’est pas toujours visible.
Mais elle existe.
Et toi aussi, tu existes encore.
Au Cameroun, la vague actuelle est une urgence : selon une enquête récente, sept féminicides ont été signalés en sept jours, dans un contexte de recrudescence des violences basées sur le genre.
Alors aujourd’hui, répétons-le assez fort pour celles qui n’arrivent plus à parler :
Tu n’es pas difficile à aimer.
Tu n’es pas responsable de la violence qu’on te fait subir.
Tu n’as pas à être sauvée par la personne qui te détruit.
Tu as le droit de partir.
Tu as le droit de demander de l’aide.
Tu as le droit de vivre.
Parce que le véritable amour ne devrait jamais devenir un dernier souffle.
Pas une de plus.
Pas un silence de plus.
Pas une femme de plus.
Et si ton histoire ressemble un peu trop à ces mots…
Ceci est ton signe.
Ton SOS.
Ta permission de te choisir.
Parce qu’avant d’être aimée par quelqu’un,
tu mérites de ne plus avoir peur de t’aimer toi-même.
Nel-Hope style fans