25/09/2026
D'où vient vraiment le tablier ? Sa trace rituelle est bien plus récente qu'on ne l'imagine.
Un tablier, c'est d'abord un vêtement de protection, en usage dans de nombreux métiers. On imagine donc volontiers que le franc-maçon le tient des bâtisseurs.
Les sources anciennes, elles, n'en disent presque rien. Les enluminures médiévales montrent rarement les bâtisseurs en tablier, et les Old Charges, ces règlements des maçons opératifs anglais rédigés entre le XIVe et le XVIIIe siècle, n'y font aucune allusion. La plus ancienne description connue de la réception d'un franc-maçon anglais, chez Robert Plot en 1686, mentionne des gants, pas de tablier, rappelle notre article.
Le tablier de travail, lui, existait bien sur les chantiers. Mais rien n'indique qu'il ait eu un usage rituel ou honorifique, ni qu'il ait fait l'objet d'une remise solennelle.
La première mention de son usage rituel date de 1723 : elle figure, écrit notre article, dans un catéchisme joint à une lettre ouverte qui dénonçait les innovations rituelles de la Grande Loge de Londres. Le tablier faisait sans doute partie de ces nouveautés contestées.
La suite va vite. Après 1723, les sources anglaises le mentionnent toutes, à commencer par Masonry Dissected en 1730, et les premiers rituels manuscrits français aussi ; les francs-maçons dits « Anciens », organisés en Grande Loge rivale à partir de 1751, finissent eux aussi par l'adopter. Ce que l'on croyait hérité du chantier est, conclut notre article, une invention de la maçonnerie moderne, devenue l'un des signes les plus caractéristiques du franc-maçon.
L'article complet est à lire sur le blog, lien en bio.