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Tout ça
27/04/2025

Tout ça

– Mademoiselle, apportez-moi de l’eau, s’il vous plait.
– Tout de suite, madame.
En souriant, je fais une courbette devant la table de la vieille dame et elle me retourne mon sourire. C’est une des plus fidèles clientes de ce restaurant. Juste parce que j’aime bien voir sa tête, je me glisse dans ce rôle qui n’est pas le mien. Cette dame acariâtre est la personne la plus difficile à vivre que j’ai jamais connue. En dehors de moi, personne ne supporte de la servir, de supporter ses reproches incessants, ses complaintes sur tout… La nourriture, l’eau, le vin, même la chaleur qu’il fait parfois dehors. Comme si nous y pouvions quoi que ce soit. Pourtant la climatisation marche très bien. Je crois juste qu’elle doit se sentir bien seule chez elle. Sinon pourquoi viendrait-elle manger tous les jours au restaurant ? Je me demande si elle a un mari, des enfants ou des petits enfants ? Depuis le temps où elle vient ici, je n’ai jamais osé lui poser de questions sur sa vie personnelle. Et pourtant, ce n’est pas l’envie qui manque.
– Mademoiselle rêve encore ! Les clients ne vont pas se servir eux-mêmes.
– Tonton Michel, au lieu de me remercier, tu me fais la guerre ?
Le passage dans l’allée entre les tables est bloqué. Je toise le grand monsieur qui se tient devant moi, la tenue de maitre d’hôtel impeccable. Chaque pli est à sa place. Le second de ma mère est très professionnel dans son travail.
Tonton Michel a horreur de la paresse, des gens qui se rongent les doigts plutôt que de travailler. Et j’ai horreur qu’on me crie dessus !
– Puis-je passer ? je demande narquoisement. Tu me bloques le passage.
– « S’il te plait », c’est pour les fous ? Si tu apprenais les règles du savoir-vivre, tu ne serais pas dans ce restaurant en train de travailler. Mais tellement tu crois être la cousine de Kardashian que ça te retombe dessus, rétorque-t-il sévèrement.
Je roule des yeux, effarée. Je passe le plateau vide que je tenais devant moi contre ma hanche et je prends une pose de jeune fille effrontée. Si c’est qu’il veut voir, je vais le servir.
– Je ne suis pas ici parce qu’on m’a puni, mais parce que Maman veut que je l’attende. Et même si c’était le cas, cela ne te regarde absolument pas ! Tu n’es pas mon père pour me faire la morale. Mêle-toi de ta vie !
Tonton Michel fronce les sourcils et ouvre la bouche. Mais je lève un doigt pour l’interrompre.
– Et ne me compare plus à cette nulle de Kardashian. C’est vrai que j’ai de jolies formes. Bien plus jolies que les siennes. Mais me comparer à cette… Puf ! Évite de le faire à l’avenir, sinon ça risque finir dans les casseroles entre nous deux ! je dis sèchement.
Du bout de mes doigts, comme un objet indésirable, je le repousse de mon chemin. En marchant, je veille à bien tourner mon derrière. Mon corps est tout en courbes et attire le regard des hommes. Je sais que je leur fais de l’effet et cela me plait de les voir baver ainsi à mon passage.
Ce qui n’est pas le cas de Maman… La pauvre passe le temps à me sermonner de me couvrir un peu plus le corps. Elle trouve mes jupes et mes shorts trop courts, mes t-shirts trop échancrés… Je ne sais pas ce qu’elle veut. Pourtant à son âge, bientôt 57 ans, elle s’habille toujours comme une jeune fille et tient à être toujours à la monde. De longs tissages brésiliens de toutes les tailles, les ongles vernis de toutes les couleurs, rien n’est assez osé pour elle. Je suis bien sa fille et elle finira un jour par l’admettre.
Je vais servir de l’eau à la vieille dame, puis je vais m’installer sur une chaise au bar. Je prends mon téléphone jusque-là fourré dans une poche de la culotte cachée par le long tablier qui recouvre mon corps et joue au trompe-œil. Le restaurant est assez grand pour contenir deux cents personnes, mais il n’est pas si plein que cela ce soir. À 20h, mes amis sont tous occupés à se préparer pour sortir s’amuser ou déjà à moitié saouls. Mais je suis bloquée ici ce soir à surveiller les employés de ma mère pour je ne sais quelle raison.
– Si seulement, je pouvais être ce téléphone, je sens que je mourrais de frissons avec toutes les caresses que tu me donnerais, murmure une voix à mon oreille.
Je souris avant même de lever la tête et de retourner légèrement mon buste.
– Bertin, ne viens pas corrompre mes oreilles. Je suis encore la fille de ma mère.
Il pousse un long sifflement en s’éloignant un peu pour me jauger entièrement. J’en profite pour faire des mines et prendre des poses lascives qui dévoilent une partie de mes jambes malgré le tablier.
– Dieu bénisse ta mère pour avoir réussi un tel chef d’œuvre, dit-il, la mine conquise, en se frottant le menton. Mais elle recevra encore plus de bénédictions si tu me laissais te souffler quelque chose à l’oreille.
– Quoi ?
– Viens, suis-moi.
Il prend ma main et m’aide à descendre du tabouret. Je jette un coup d’œil dans la salle et tout semble aller pour le mieux. Bertin est employé dans le restaurant depuis trois ans. Il me fait une cour assidue et vu que c’est un très bel homme. Je joue la dure, mais le cœur est faible… Ce n’est pas tant la différence d’âge entre nous qui m’effraie, mais ce qui se dira si Maman vient à l’apprendre. Sa fille chérie de 21 ans avec un homme qui a largement dépassé la trentaine. Ça va la tuer ! Mais il est trop chou. Le mâle camerounais dans toute sa Swag… Un homme Duala, beau et élégant comme il faut. J’ai bien envie d’entendre ce qu’il veut me murmurer. Je frissonne déjà…
Bertin referme la porte du grenier derrière moi. C’est ici qu’on entrepose les boissons. C’est ici que je viens lorsque je veux être seule un moment. Et très souvent, il m’y rejoint et nous discutons pour faire passer le temps. Depuis que j’ai eu mon BAC il y a deux ans et que je réfléchis sur ce que j’aimerais étudier, je passe beaucoup de temps au restaurant, ce qui nous a rapproché.
Mais ne le dites pas à Marcel, mon petit ami. Il me tuerait direct. Le pauvre est raide dingue de moi. Comme tous les mecs de mon ancien lycée d’ailleurs. J’ai fait sensation de mon temps à Dominique Xavyo… J’ai pu attraper ce beau Français issu d’une famille très riche qui s’est établie dans le pays. J’appartiens à la crème de la jeunesse de Bonapriso ici à Douala. Il faut bien que je garde le niveau.
Je regarde autour de moi en cherchant une place où m’asseoir lorsque je sens une main sur mes fesses. Je veux me retourner au moment où Bertin se colle contre moi, positionnant la torche qu’il a entre les jambes bien en évidence contre moi. Ses mains se retrouvent toutes les deux en train de me malaxer la poitrine. Une chaleur traitresse traverse mon corps tout entier.
– Que fais-tu ? je lui demande, la voix tremblante, déjà affaiblie par cette attaque.
– Je fais ce dont j’ai rêvé depuis que je t’ai vu arriver, murmure-t-il en déposant un ba**er dans mon cou à chaque mot… Tu es trop belle, Marisha. Mon corps brule de t’avoir… Ici et maintenant. J’ai envie de mourir en toi.
– Tu peux très bien le faire dans ta femme tout à l’heure en rentrant, je réponds malicieusement.
Il ricane, mais ne s’interrompt pas. Bien au contraire. Ses mains descendent vers le bas de mon corps, relèvent le tablier pour dévoiler le short microscopique qui s’y cache.
– Ce ne sera jamais pareil, dit Bertin. Tu as un feu qui m’attire et me consume. C’est toi que je veux.
Il se positionne face à moi et ouvre les boutons du short qu’il baisse. Il n’a jamais osé aller si loin avec moi. Tandis que ses doigts glissent sur mon string et trouve l’entrée de mon sexe, ce qui me cause mille et un frissons, il se saisit de mes lèvres qu’il dévore avec hardiesse. Je sens l’envie monter en moi. Je sais que je ne devrais pas, mais ce qu’il me fait est tellement bon.
C’est pour cela que j’aime parfois les hommes matures. Ils savent comment prendre soin d’une femme. La plupart des jeunes sont égoïstes. Je ne le dis pas par expérience poussée… Bertin est le premier homme ayant une différence d’âge supérieur à deux ans que j’ai eu à fréquenter. Et nous ne sommes même pas en relation. Je parle de ce que j’apprends par mes copines ou que je vois dans les films. Oser un mec plus âgé ? … Je ne sais pas.
– Hum… je murmure lorsqu’un doigt curieux s’introduit en moi.
Je le laisse me caresser et jouer avec mon bouton d’amour. C’est très intense !
– Marisha ! Où est cette gamine ? Non mais je vais la tuer ! Comment peut-elle laisser le restaurant sans surveillance ?
La voix de ma mère me refroidit d’un seul coup. Elle est si forte que je devine qu’elle doit être dans les parages. Je repousse Bertin en jurant et je me dépêche de remettre de l’ordre dans ma tenue. Mais qu’ai-je failli faire ? Ce co***rd est marié et je m’entends plutôt bien avec sa femme d’ailleurs. Je ferme les boutons de ma culotte et je baisse mon tablier. Bertin sort discrètement du grenier. Je fais mine de chercher quelque chose dans les étagères en boutonnant mon chemisier qui a été ouvert, je ne sais à quel moment.
– Marisha ! gronde Maman en ouvrant la porte. Que fais-tu ici ?
– Je … Je cherchais… Euh…
Je regarde aux alentours et mes yeux tombent sur une caisse en bois.
– Un client a demandé une bouteille de Bordeaux et je venais en chercher, dis-je rapidement en forçant un sourire sur mes lèvres.
– Ce n’est pas ton travail, répond Maman. Michel est là pour cela. Je ne veux pas que tu serves n’importe quoi à mes clients. Je tiens à ma fortune.
– Maman ! je maugrée en boudant, piquée au vif.
– Eh ! Arrête-moi ces manières ! Dépêche-toi de t’apprêter. On rentre.
Je détache le tablier et je le passe sur mon épaule. Maman m’observe de la tête aux pieds. Nous ne nous ressemblons pas beaucoup. Elle se plaint que j’ai tout pris de mon père qui l’a abandonnée durant sa grossesse. Autant je suis claire de teint, qu’elle est noire. Je suis plutôt en chair, tandis qu’elle est demeurée mince malgré sa grossesse et les années qui l’ont traversée.
– Toujours des tenues de filles de rues… Si un jour, on te viole, je t’assure que je vais te donner une bastonnade sur le lit d’hôpital et je ne porterais même pas plainte à ces gens. Tu l’auras bien chercher à force de marcher à moitié nue.
– Je m’habille comme toi, Maman… La pomme ne tombe jamais loin de l’arbre, dis-je narquoisement en passant près d’elle pour sortir.
– Tu ne parles pas de la sorte ! me gronde-t-elle. Je n’ai pas souffert pour t’avoir, t’éduquer à la dure pour que tu deviennes une femme impolie. Contrôle donc ton langage à l’avenir.
Je viens la prendre dans mes bras et je lui fais un gros câlin.
– Je sais que tu es la meilleure mère de la terre, dis-je la voix mielleuse. Mais tu seras encore meilleure si tu me laissais sortir en semaine. Je m’ennuie dans ce restaurant, Maman.
– Mais c’est ton héritage, mon bébé, dit-elle en me caressant la joue. Si tu ne sais pas comment t’en occuper, tu le perdras en deux temps trois mouvements. Cesse de te plaindre et dis-moi plutôt merci.
Elle passe un bras autour de mes épaules et me tire vers le restaurant.
– Tu es mon trésor.
– Je sais, Maman. Je t’aime aussi très fort.
J’ai malgré tout un pincement en pensant à tout à l’heure. Ce n’est pas grave. Je me rattraperai avec mon copain. Le plus important est de soutenir Maman et de ne surtout pas la décevoir. Elle est tout ce que j’ai.

*
**

AUX ALENTOURS DE MIDI, DEUX JOURS PLUS T**D

– As-tu déjà remis toutes les factures d’hier à Michel ?
– Oui, Maman.
Je roule des yeux et je pousse un long soupir, agacée. Faire les comptes, c’est ennuyeux à mort. Je regarde Maman discuter avec ses employés et mettre en place le planning du diner, vu que tout est déjà prêt pour le déjeuner. Je les écoute d’une oreille distraite. Mon téléphone vibre dans la poche de ma jupe en jeans. Un message de Marcel… Je lève la tête et je le vois me faire un signe de la main à travers la baie vitrée du restaurant. Il est adossé sur le capot de sa voiture. Pas moyen de bouger là… Je vais lui faire un texto rapide.
Soudain, des bruits retentissent dans le restaurant. Plusieurs hommes en civil et en tenue de la police s’engouffrent avec force et fracas dans l’enceinte. Un homme vêtu entièrement de noir donne des instructions. Je regarde ma mère, confuse, oubliant même d’envoyer le message que j’ai terminé d’écrire. Les clients paniquent et des bruits de couverts qui cliquètent résonnent dans tout le restaurant.
– La voilà ! dit le monsieur en pointant ma mère.
Les hommes en tenue se dirigent vers nous, n’hésitant pas à bousculer tout sur leur passage et indisposer les personnes présentes. En quelques secondes, ils se sont saisis de ma mère qui se retrouve plaquée sur le sol comme une crêpe. Je pousse un cri d’horreur en faisant tomber mon téléphone. J’essaie de la libérer, mais je suis vite repoussée au loin.
– Non, lâchez-la ! je crie, hystérique. Vous n’avez pas le droit de lui faire cela. Savez-vous à qui vous avez affaire ?
– Jeune fille, vous feriez mieux de vous tenir à l’écart. Cette histoire ne vous concerne pas.
Je me tourne pour voir le monsieur qui dirige les opérations. Il est grand de taille, la peau bien foncé et un crâne rasé à ras. Il retire ses lunettes de sa poche dans un geste si vif et net que l’on y lit une habitude.
– Monsieur, c’est ma mère que vous tenez là, dis-je en grondant. Dites à vos babouins de la relâcher, sinon vous allez le regretter.
Ma mère gigote sur le sol, les mains menottées, la bouche déjà bâillonnée. La pauvre femme a déjà des traces d’écorchures sur la peau. Heureusement que le sol est carrelé. Mais ces militaires ne vont pas de mains mortes avec elle.
– Je sais bien qui est cette femme, dit le monsieur en regardant ma mère avec dégoût.
– Qui êtes-vous ? je demande. Vous débarquez ainsi chez les gens sans prévenir ?
– Je suis le Colonel Akamba Aymeran. Je suis en charge de l’opération que nous menons en ce moment et qui est un succès vu que nous avons attrapé la v***e noire, la tête d’un gang de trafiquants d’enfants qui sévissent dans tout le pays.
Il fait signe aux militaires de relever ma mère. Elle le fixe sans rien dire. Je suis juste bouche bée.
– Madame Toko Eugénie, vous êtes en état d’arrestation pour meurtres, trafics humains et recel. Tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous. Embarquez-la !
– Non, je crie en me jetant sur ma mère.
Je suis repoussée violemment vers l’arrière et j’atterris sur le sol. Tonton Michel me relève et essaie de me calmer. On dirait que je suis dans le mauvais film. J’aperçois Marcel qui était placé à l’entrée du restaurant. Je veux lui faire signe quand il se dépêche de quitter les lieux. Je reste choquée devant cette fuite évidente. Le mec m’a renié plus vite que Jésus ne l’a été !
Le restaurant se vide peu à peu. Les gens bavardent déjà, mais personne ne se soucie de moi, ni de ma mère. Je sens que ça va jazzer dans le quartier. Je repère le Colonel Akamba qui donne encore des instructions à quelques mètres de moi. Je me jette sur lui en tirant sur les pans de sa chemise noire.
– Pas ma mère ! Elle n’est pas celle que vous croyez. Relâchez-la immédiatement.
L’homme se retourne vivement et me repousse légèrement de lui. Il fait un geste vif pour stopper un des militaires qui s’apprêtait à me brutaliser pour mon acte d’impolitesse envers son supérieur.
– Non ! Laisse-la. Elle est trop jeune et naïve pour comprendre ce qui se passe, dit-il à l’homme.
Il me prend par le bras et me pousse vers une table libre. Il me fait signe de m’assoir, mais je regarde l’extérieur. Maman est embarquée de force dans une fourgonnette blindée sans inscription dessus. Et si ce n’était même pas la police ? Et si c’était un coup monté pour salir la réputation de Maman ?
– Asseyez-vous ! me somme le Colonel Akamba. Il faut de toutes manières que je vous parle.
Il s’assied et attend que je fasse de même. Je le toise avec dédain et je repousse la chaise au loin.
– Pour me dire quoi ? je demande, énervée. Vous venez ici tout chambouler à une heure de pointe et vous embarquez ma mère sous de faux motifs. Nous n’avons rien à nous dire !
– Oh que si !
Il fait un signe de la main. Un militaire apporte une autre chaise. Il attrape ma main et me force à m’asseoir face au colonel sur la table. Je me débats en l’insultant. Mais je m’exécute à contrecœur.
– Qui êtes-vous ? demande le colonel
– Marisha Toko. Si je vous dis de relâcher ma mère, c’est bien parce que je suis sa fille. Quelle question bête !
– Marisha… Je vais vous décevoir. Vous ne pouvez pas être la fille de la v***e noire.
– Non. Mais vous êtes fou ! N’appelez pas ma mère ainsi. Figurez-vous, cher monsieur, que je suis née ici même à Bonanjo. Vous…
– J’ai étudié toute sa vie dans les moindres détails et croyez-moi… Cette femme n’a jamais eu d’enfants !
Je le regarde sans comprendre.
– Quoi ? je demande, confuse.
– Cette femme ne peut pas être votre mère. Vous êtes sûrement une enfant qui s’est retrouvée dans les filets de sa bande.
Je secoue la tête négativement. Mais qu’est-ce qui se passe ? Quelle est cette journée de m***e ?! Mon Dieu, faites que je me réveille. Cela ne peut être qu’un rêve. Un mauvais rêve.

*****

Extrait du livre de Myss StaDou : UNE VIE VOLÉE
Lisez cette histoire sur : https://www.youscribe.com/catalogue/ebooks/litterature/romans-et-nouvelles/une-vie-volee-3361608
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https://www.liretama.com/livres/ma-bonne-et-moi

Je ne détiens aucun droit sur les images utilisées.

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