MK Bébé Maman

MK Bébé Maman Vente de vêtements et d'articles pour Bébé enfants et mamans

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30/11/2023

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17/11/2023

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13/11/2023

C'est déjà l'harmattan, protégez vos enfants du vent et du froid avec les habits et les bonnets chauds et confortables de MK bébé/Maman!
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L'harmattan arrive, protégez vos enfants du vent et du froid !MK bébé/Maman vous propose une sélection d'habits chauds e...
03/11/2023

L'harmattan arrive, protégez vos enfants du vent et du froid !
MK bébé/Maman vous propose une sélection d'habits chauds et confortables pour vos enfants.
Des vêtements de qualité à petits prix, pour que vos enfants soient bien habillés pendant l'harmattan.
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23/10/2023

Laissez votre bébé s'amuser avec les animaux ! Notre collection de vêtements colorés avec des motifs adorables apportera de la joie à la garde-robe de votre enfant."
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PAR DELÀ LA MER : Le feu sous la glaceChapitre 2Aïcha TIDJANI ∞∞∞Discuter avec ma mère m’a fait le plus grand bien. Je n...
13/10/2023

PAR DELÀ LA MER : Le feu sous la glace
Chapitre 2
Aïcha TIDJANI ∞∞∞
Discuter avec ma mère m’a fait le plus grand bien. Je n’oublie pas qu’elle m’a maintenue dans le flou pendant toutes ces années, mais je comprends le choix qu’elle a fait de me garder pour elle, après avoir perdu son fils au profit de l’autre femme de son mari. Et c’est quoi cette méchanceté de répudier une femme juste parce qu’elle ne digère pas que tu aies rompu ta promesse de fidélité envers elle ? Qu’elle a dû souffrir de perdre son foyer, son mari et son fils en une journée ! Maintenant que je vais me marier, je ne sais si je supporterai que Darell se comporte ainsi avec moi.
Parlant de lui, tout s’est plutôt bien passé avec sa mère qui était satisfaite de sa coiffure. Celle qui se plaignait constamment de tout, c’était Déborah. Elle ne perdait aucune occasion de crier sur mes filles. Même quand j’ai fini avec ma future belle mère et que j’ai rejoint mes apprenantes pour lui finir ses tresses, elle trouvait toujours à redire. J’avais l’habitude des clientes difficiles et parfois chiantes. Dans ces cas-là, je me concentrais uniquement sur ma tâche et c’est ce que je fis. Lorsque j’eus fini, je lui fis payer presque le double du tarif habituel et empochai mon argent au calme. À la mère de Darell, je ne pris rien, même pas le coût de la greffe que je lui ai posée. Et même quand elle insista, je refusai de lui prendre quoi que ce soit. Lorsqu’elles partirent, je donnai à mes filles, de quoi s’offrir un bon petit déjeuner et demandai à Cynthia de passer chez Alice, prendre de ses nouvelles, à sa descente. Ce n’était point dans les habitudes de la jeune fille, de s’absenter et surtout, pas sans me prévenir. Le reste de la journée se passa plus paisiblement avec des clientes à la fin, très satisfaites.
Ma belle robe, création de ma sœur, mise, je me fais une mise en beauté rapide et attrape mon sac. J’ai rendez-vous avec mon chéri. Il m’invite à dîner. Je sors de ma chambre et tombe sur ma mère, assise sur son tapis de prière, son « misbaha » (chapelet) entre les doigts, concentrée sur ses prières remémoratives « tasbih ».
— Tu t’en vas déjà ? m’interpelle-t-elle.
— Oui maman.
— Et tes prières, tu les as toutes faites ?
— Non, avouai-je honteusement. Il m’en reste deux. Je vais les faire à mon retour.
— Quand tu rentreras t**d, toute fatiguée et ne pensant qu’à dormir là, tu es sûre de pouvoir faire les deux ? La prière est sacrée, ma fille surtout quand tu veux sortir comme à l’instant. Je ne sais comment tu vas faire, mais tu me la feras, cette prière et de la meilleure des manières, avant de partir. Tu ne peux prendre un peu exemple sur ton amie ? Jamais, tu ne verras Malika s’amuser avec ses prières…
Et c’est parti pour un tour. Quand elle s’embarque dans ses « Malika ci… Malika ça… », elle peut en avoir pour des heures. J’adore Malika, mais être constamment comparée à elle peut être lassant ; et ma mère aime trop ça, surtout quand elle veut m’obliger à faire quelque chose. Je pose tranquillement mon sac à main sur la table basse et vais chercher mon tapis de prière. Heureusement que j’ai encore trente minutes devant moi. Mes ablutions faites, je pose mes genoux au sol et elle m’accompagne dans mes prières même si elle avait fini les siennes. Une dizaine de minutes plus t**d, je les ai finis et me sens plus sereine.
— Que vas-tu dire à ton fiancé à propos de ton père ? fait-elle en continuant à égrener son chapelet.
— La vérité, maman. Je lui dirai tout simplement que je leur prendrai rendez-vous pour que ses parents aillent le voir. Mais tu sais par contre qu’il te faudra reprendre contact avec lui ! Mais je ne t’y obligerai pas aussi si tu ne veux pas. Je me contenterai de lui dire que je ne suis et ne serai pas le seul enfant au monde à n’avoir qu’une mère.
— Sauf que tu as aussi un père et que pour te marier, il te faut sa bénédiction, ma fille. Il n’a jamais été présent pour moi et je n’ai jamais eu besoin de lui. De plus, ce n’est pas quelqu’un de gentil sinon qu’il ne t’aurait jamais séparée de Malick dont nous n’avons aucune nouvelle depuis plus de vingt ans.
— Ne sois pas prompte à juger, ma fille. J’ai moi aussi, ma responsabilité dans ce qui s’est produit. Tout ce que je veux aujourd’hui, c’est que tu aies un paisible et heureux mariage. Et je ferai ce qu’il faut.
— Je suis vraiment désolée maman pour avoir été en colère contre toi, pour t’avoir jugée, sans savoir.
— Ce n’est pas bien grave, ma fille. Tu tiens un peu ce trait de caractère de moi et ma seule prière est que tu t’en départisses et au plus vite. S’énerver, agir sous l’emprise de la colère n’est aucunement sage dans le cadre du mariage. J’aurais fait preuve de patience, de pardon et de discernement que je serais aujourd’hui encore dans mon foyer et tu n’aurais pas grandi loin de ton père et de ton frère.
— Il t’avait trahie, maman. Ce n’était pas de ta faute, lui assurai-je.
— Ce n’est pas faux. Mais j’aurais dû lui dire pour ma grossesse. Ne pas l’avoir fait était pour moi, une manière de me venger, de le trouver indigne de toi et ce n’était pas du tout honnête de ma part. Il avait un problème avec moi et non avec toi. Son sang coulait dans tes veines.
Vu sous cet angle, ma mère n’avait pas tort. Elle aurait vraiment dû lui dire pour sa grossesse et peut-être même qu’il aurait quitté l’autre si le mariage n’avait pas encore été consommé ou qu'il aurait même continué à privilégier ma mère ; qui sait ! Son expérience m’édifie néanmoins pour ma vie future de couple. Je n’ai pas la patience pour vertu et c’est une vérité, mais je tâcherai de la cultiver et chaque jour un peu plus.
Mariama TIDJANI ∞∞∞
Je suis tellement heureuse que tout aille pour le mieux entre moi et ma fille. Trois jours sans nouvelle d’elle et la savoir en plus fâchée après moi, m’ont vraiment attristée. Ma seule consolation était de la savoir avec sa sœur, même si cette dernière m’avait dit le contraire à plusieurs reprises. Et dire qu’au grand jamais, je n'avais pensé à l’après quand j’avais décidé de cacher ma grossesse à Moussa. Le prêtre avait raison sur toute la ligne. J’aurais dû faire preuve de sagesse et ne point tenir tête à mon époux comme je l’avais fait. La fin de mon mariage était uniquement de ma faute et j’avais rompu la promesse faite à Dieu. S’il faut que je m’humilie pour que ma fille ait un mariage heureux, je le ferai. Décidée, je vais prendre une do**he pour aller à la rencontre de mon ex-mari. Je ne sais quelle sera sa réaction, mais il est absolument hors de question que ma fille paie pour mes erreurs passées.
Je suis à la dernière adresse connue de Moussa. La maison où il louait une maison de deux-pièces avec sa nouvelle épouse. Je n’y avais encore jamais mis pied. En trente ans, beaucoup de choses y ont changé. Une femme de la vingtaine, un bébé attaché au dos, une longue palette entre les mains, retournait énergiquement de la pâte noire au feu. L’énergie qu’elle déploie est phénoménale, surtout quand on y ajoute le poids du bébé qui n’est pas si petit que ça, dans son dos.
— La pâte ne vient toujours pas ? gu**le un homme en sortant d’une des chambres.
— Encore quelques minutes, papa. C’est presque fini.
Elle dit ces mots en continuant vigoureusement sa besogne. J’ai un pincement au cœur. Ainsi donc, le père de l’enfant est tranquillement assis à attendre son repas pendant que la pauvre dame souffre. Qu’est-ce que ça lui coûte de s’occuper de leur enfant pendant que sa femme cuisine ? Moussa, lui, était plus conciliant et m’aidait même parfois dans les tâches ménagères. Il était plutôt un bon mari et c’est peut-être pour cette raison que je n’ai pas su comprendre qu’il pouvait lui aussi, dé****er comme tous les autres hommes.
— Laissez-moi prendre le petit pour vous soulager, lui proposai-je.
Elle se retourne à ma voix et lorsque nos regards s’accrochent, elle m’offre un sourire. Elle est assez belle femme et sa dentition toute parfaite et blanche lui offre un charme indéniable.
— Bonsoir maman, fait-elle en détachant son bébé et me le confiant.
— Bonsoir ma fille.
Le petit fait la moue, mine de vouloir pleurer et je le pose sur mon épaule en tapotant doucement son dos. Très rapidement, sa mère finit la pâte et la renverse presque totalement dans un grand récipient ensuite c’est le tour de la sauce dans un autre récipient et court les porter à l’intérieur. Plusieurs voix s’y élèvent. Elle revient chercher de l’eau dans un autre bol qu’elle repart leur porter ; sûrement pour laver les mains.
— Enfin ! soupire-t-elle en revenant vers moi. Merci maman.
— Pas de quoi. Il dort, je crois.
— C’est normalement l’heure de sa sieste, mais je devais faire rapidement à manger à son père et ses amis qui sont venus à l’improviste. Vous avez su le bercer. Il est d’habitude difficile, mais vous avez su vous y prendre avec lui. Merci encore. Sans vous, c’est sûr que mon mari serait encore en train de me crier dessus à l’heure-là ; façon il aime ça !
Elle sourit me faisant sourire à mon tour. Elle me prend son fils des bras et va le coucher sur une petite natte sous le manguier au milieu de la cour. C’est l’idéal par ces temps d’intense chaleur.
— Je manque tellement aux bonnes manières, s’accuse-t-elle en revenant. Laissez moi aller vous chercher un peu d’eau dans la jarre.
— Pas la peine, ma fille. Je suis juste là pour une petite information. Mais je ne sais si tu pourras m’aider.
— Posez-moi votre problème maman ; on ne sait jamais.
— Je recherche en fait, une famille : les TIDJANI. Leur père s’appelle Moussa et le fils ainé Malick. Ils habitaient cette maison il y a des années de cela. Je ne sais si tu les connais.
— Bien sûr que je connais papa Moussa et ses enfants. Il a deux fils dont le benjamin est de mon âge. J’ai aussi grandi au quartier avant de tomber enceinte.
Elle se tait un moment et je ressens sa tristesse. Elle doit en avoir gros sur le cœur, cette petite. Et son mari en question m’a l’air beaucoup plus vieux qu’elle.
— Mais ils ont quitté le quartier il y a deux ou trois ans.
— Et tu sais où je peux les trouver ?
— Malheureusement non, maman. Mais je vais me renseigner pour voir si je découvre quelque chose.
— D’accord ma fille. Et tu ne sais pas qui peut me renseigner ? Un adulte peut-être ?
— Aucune idée, maman. Mais je vais me renseigner, je vous le promets. Vous pouvez me laisser votre contact et je vous appelle dès que j’ai quelque chose.
— D’accord, ma fille.
— Mon prénom c’est Fati, Fatima, confie-t-elle en enregistrant mon numéro de téléphone dans son petit téléphone à touches, soutenu par plusieurs fils élastiques. Ne faites pas attention. Il marche toujours ou au pire des cas, je le redémarre en lui donnant une claque.
Sa confidence me fait sourire, me rappelant l’époque où après mon divorce, je manquais de tout et traînais avec le même type de téléphone. J’ai bien envie de lui en offrir un nouveau, qu’elle arrive à m’aider à retrouver Moussa ou pas.
— Moi, c’est Mariama et j’espère de tes nouvelles.
— Et vous les aurez sous peu, juste le temps que je les ai et je sais qui peut m’y aider.
— Merci beaucoup, ma fille.
Je prends congé d’elle en étant un peu touchée par sa personne, ce sourire angélique à ses lèvres. Je n’espérais pas trouver Moussa au même endroit qu’il y a trente ans. Mais je gardais l’espoir que quelqu’un puisse m’orienter vers sa nouvelle adresse et toute ma prière est que Fatima me trouve quelque chose comme promis. Cette petite me touche vraiment. Elle me rappelle moi, à son âge ; jeune mariée avec des rêves et illusions plein la tête concernant le mariage et la vie à deux. En attendant des nouvelles, je vais rendre visite à la tante de Moussa. C’est vrai que je ne l’ai pas r***e depuis que son neveu m’a répudiée après qu’elle lui ait conseillé de prendre une seconde épouse. C’était même elle, qui l’avait choisie pour lui, sous prétexte que j’étais incapable de lui donner d’autres enfants. En somme, je lui devais l’échec de mon mariage et étais incapable de lui pardonner.
J’arrive chez elle et y trouve de nouveaux occupants. À peine demandai-je d’après elle que j’apprends qu’elle est décédée depuis une dizaine d’années. Elle n’avait pas eu d’enfant et comptait sur Moussa pour avoir une grande famille. Lorsque je leur demande des nouvelles sur son fils, ils m’apprennent ne pas l’avoir revu depuis les obsèques. Je repars chez moi sans rien ; absolument rien. Mais je garde espoir ; je le retrouverai.
Darell do REGO ∞∞∞
Je regarde Aïcha mâcher délicatement sa bouchée de viande et elle est si belle que je ne peux décoller mes yeux d’elle. Je continue de bénir le Ciel de l’avoir fait croiser mon chemin. Dès que je l’ai vu il y a environ un an dans cet atelier pour l’autonomisation des femmes à Lomé, je sus qu’elle était ma côte manquante. Je venais fraîchement de finir mes quatre années de formation pastorale à Paris en France et la cinquième sur une paroisse, au Togo, le pays de ma mère, en guise de stage et pour aussi finaliser mon mémoire qui était justement axé sur l’aide à apporter à la jeunesse chrétienne afin de l’amener à mieux accepter Christ dans sa vie. Je m’étais plus précisément concentré sur les jeunes femmes dont l’autonomisation les rendait plus aptes à assimiler la vie chrétienne et par conséquent à avoir un meilleur à offrir à la postérité. Ne dit-on pas qu’éduquer une femme, c’est éduquer une nation ? Il en va de même pour les valeurs chrétiennes. Si une femme les a, elle les inculquera forcément à ses proches, ses enfants. Apprendre qu’il y avait une Organisation non gouvernementale (ONG) qui s’était donné pour mission d’accompagner des jeunes femmes déscolarisées, orphelines et parfois victimes de divers abus à se prendre en charge grâce à des formations diplômantes m’a tellement sidéré que je décidai de m’associer à elle et d’en profiter pour apporter tant mon aide financière que la bonne nouvelle, la parole de vie, la parole du Dieu vivant au travers de l’évangélisation, des séances de prière. La famille do REGO n’est peut-être pas immensément riche, mais jamais nous n’avions manqué de quoi que ce soit. La grâce du Très-Haut abonde dans nos vies. Il est tout de même le Maître incontesté des richesses de ce monde ! Donner aux autres ne m’a jamais posé problème et je le fais toujours avec joie.
Il ne m’a suffi que l’instant d’une nanoseconde pour être certain que Aïcha était celle qu’il me fallait. J’avais toujours exhorté le Seigneur à me conduire à celle qui m’était destinée et qu’à l’instant précis, il m’en offre la certitude et ce fut le cas. Très vite, nous avions sympathisé et plus j’apprenais sur elle, sur sa bonté d’âme, plus l’assurance était grande. Pour avoir la certitude qu’elle était dans les plans de Dieu pour moi, vu son orientation religieuse, je fis un jeûne sec de trente jours avec seulement de l’eau et des fruits comme ration alimentaire et le résultat fut le même ; elle était mienne. Je lui fis alors part de mes sentiments, de mes intentions à son égard et elle les partageait. Celle qui fut difficile à convaincre fut ma mère. Elle me voulait une chrétienne pour épouse, car dans mon ministère, cette dernière aura un rôle prépondérant à jouer en tant qu’épouse du pasteur. Elle serait en quelque sorte la mère de ma paroisse et m’aiderait dans diverses tâches. Mais qu’elle soit musulmane et pratiquante peut me desservir. Mais que faire si le Seigneur dit qu’elle est celle qu’il me faut et que je suis complètement fou d’elle ?
— Ton assiette se refroidit chéri, susurre-t-elle me sortant de mes réflexions. Tu n’as pas faim ? Tu n’as presque pas touché à ton repas.
— Je n’ai pas vraiment faim. Il me t**de juste de te faire mienne.
Elle rougit. Elle serait plus brune qu’elle serait rouge comme la tomate.
— Tu as conscience, j’espère, que si ça ne dépendait que de moi, je t’épouserais dès demain ?
— Je sais, fait-elle amoureusement.
— Et au fait, concernant ta famille paternelle…
— Oui, j’ai discuté avec maman et elle prendra contact avec eux et va nous revenir.
— Il y a un problème, ma puce ?
Je déteste la savoir triste et son regard s’est attristé à l’instant.
— Tu peux tout me dire, tu sais ! Et si quelque chose te tracasse, je suis en droit de savoir.
Elle pose délicatement sa fourchette et quand elle lève les yeux vers moi, mon cœur se serre. Ils sont d’une tristesse ! Si elle n’était pas la femme forte que je lui reconnais, elle fondrait en larmes. Je prends ses deux mains dans les miennes, les frotte délicatement et elle me sourit. Elle est tellement belle !
— Respire mon cœur, je suis là. Peu importe le problème, nous l’affronterons à deux. Tu le sais, n’est-ce pas ?
— Oui chéri.
Elle soupire longuement, lève les yeux au ciel et quand elle les repose sur moi, elle semble plus sereine. Je lui adresse un sourire auquel elle répond.
— Tu te souviens que je t’avais dit ne pas connaître mon père parce qu’il nous avait abandonnées, ma mère et moi…
— Oui et en emportant ton frère ainé avec lui.
— Voilà ! Je l’ai pratiquement haï toute ma vie parce qu’il m’a abandonnée pour découvrir par la suite qu’il ne savait même pas que j’étais sa fille.
— Ah bon ? Et comment est-ce possible ?
Je suis quelque peu largué par sa confidence. Elle se met à me raconter et plus j’en apprends et mieux, je comprends l’attitude de sa mère, mais ne l’excuse pas pour autant. Je n’ai aucunement envie de la juger, mais je n’aurais pas pardonné si une femme me faisait un enfant dans le dos encore que jamais, je ne me serais comporté comme son père a eu à le faire. Au grand jamais, je ne mettrai mon mariage en péril, et ce, quoi qu’il arrive.
— Tu n’aurais pas dû te fâcher après elle et surtout pas la juger, sans l’avoir écoutée, lui soulignai-je à la fin de son récit.
— Je l’ai regretté par la suite.
— Tant mieux ! Et tu sais où trouver ton père ?
— Pas pour l’instant. Ma mère s’en charge.
— D’accord. Mais si je peux être utile à quelque chose, fais-le-moi savoir.
— Merci pour ta compréhension, mon cœur, elle pose ses doigts sur les miens.
Leur entrelacement me fait me sentir bien. Je soupire et noie mes yeux dans les siens. Comment ne pas la comprendre si j’ai conscience que chaque famille a ses réalités, ses secrets ?
— Je t’aime Darell.
La douceur de sa voix enveloppe tellement mes sens que je me sens tout retourné de l’intérieur. Ce sont des mots qu’elle dit très rarement. Mais toutes les fois où elle le fait comme à l’instant, elle le pense réellement. Une envie f***e de me lever, de la prendre dans mes bras et de l’embrasser langoureusement me prend, mais je discipline mes sens. Si j’ai autant hâte de me marier avec elle, c’est en partie pour cet effet constant qu’elle a sur moi. C’est sûr que je ne ferai jamais rien de répréhensible et qui serait contraire aux principes religieux, mais cette torture m’est de plus en plus insupportable.
— Et ta semaine ? Ma mère a pu passer à ton salon ?
Je change de sujet afin d’obliger mon esprit à ne plus penser aux choses qu’il ne devrait pas pour l’instant.
— Oui chéri. Elle est venue hier avec sa fille.
— Sa fille ?
Elle sort d’où cette fameuse fille ?
— Une certaine Déborah. Elle a été tellement chiante, à la limite méprisante. Pour lui faire des tresses, c’était toute une histoire, mais elle est quand même partie de mon atelier, satisfaite. Maman aussi était ravie de sa coupe.
— Je suis fier de toi, ma puce. Tu es tout aussi dévouée que passionnée par ton travail et ce sont pour toutes ces raisons que je t’aime.
Elle m’offre son plus beau sourire et j’interpelle le serveur afin qu’il nous débarrasse et nous apporte nos desserts. La suite de la soirée, nous parlons de notre mariage, les dispositions pratiques, notre future maison dont les travaux de finition sont en cours et qu’elle devra aménager à son goût… C’est plus amoureux que jamais, que je ramène ma promise chez elle et en profite pour saluer ma belle-mère et prendre quelques renseignements sur son ex-mari afin de les aider à vite le retrouver. Je prends congé d’elles après avoir posé un ba**er sur le front de ma belle et mets le cap sur la villa de ma mère.
— Alléluia papa ! fait-elle tout sourire en me voyant.
— Bonsoir, maman, lui répondis-je le visage fermé.
— Tu arrives à temps pour le dîner. Passons à table.
— Je n’ai pas faim. Je viens de dîner avec ma future épouse.
— Ah, je vois ! Alors que tu sais que tu passerais me voir et que je t’inviterais forcément à ma table.
— Je n’avais pas prévu de te voir ce soir jusqu’à ce que je découvre que tu étais au salon d’Aïcha avec Déborah que tu as présentée comme étant ta fille.
— Ah ! Elle a donc couru te raconter !
— Elle ne m’a rien raconté du tout. C’est moi qui ai voulu savoir si tu étais passée la voir. Alors, tu m’expliques depuis quand Déborah est devenue ta fille ?
— Depuis que tu l’as amenée ici, chez moi et me l’a présentée comme étant ta petite amie.
— Entre elle et moi, c’est fini depuis des années ; bien avant que je ne rencontre Aïcha et décide de finir ma vie à ses côtés.
— Tu as mal choisi alors. Je te le dis et te le répète, tu as très mal choisi. À part sa beauté que je lui reconnais, qu’a-t-elle réellement de plus que Déborah qui est plus jeune, plus instruite en plus d’être une bonne chrétienne ? En tant qu’épouse de pasteur, elle saura remplir chacune de ses obligations, se tenir dignement à tes côtés, professant la même foi que toi. Cette Aïcha par contre, en plus d’avoir déjà trente ans, elle est musulmane sans oublier qu’elle exerce un métier de coiffeuse, ajoute-t-elle avec mépris. Elle est douée, poursuit-elle, je l’avoue, mais pour une femme de pasteur…
— Je t’entends parler maman et j’ai du mal à te reconnaître. Tant de mépris pour celle que j’aime et je me demande si tu me connais vraiment. Cette femme est mon choix de cœur et de raison. Déborah est probablement tout ce que tu as cité tantôt, mais jamais, elle n’arrivera à la cheville d’Aïcha qui, même si elle ne professe la même foi que moi, a le cœur sur la main. Elle est vaillante, protectrice et altruiste. J’ai beaucoup de chance de l’avoir dans ma vie et peu importe la religion, nous confessons tous le même Dieu, créateur du ciel et de la terre. Et pour ta gouverne, son métier ne m’a jamais posé de problème et encore moins, son niveau scolaire. Et si tout ça te dérange, eh bien, c’est ton problème et tu devras te débrouiller avec. Mais de grâce, peu importent tes intentions, abandonne-les tout de suite avant qu’il ne soit trop t**d pour toi et moi. Faire de la peine à Aïcha serait m’en faire doublement. Mon désir et souhait serait que tu l’acceptes et l’aimes comme elle le mérite, mais je ne t’y forcerai pas si tu ne veux pas. L’amour ne fonctionne pas ainsi. Mais respecte mon choix et mon plein droit à choisir et à aimer qui je veux.
— Tu vois comment tu me parles à cause de cette femme ? se plaint-elle au bord des larmes.
— Pas à cause d’elle, mais à cause de ton attitude. Si tu nourris Déborah d’espoir, tu assumeras toute seule, le moment venu. Et j’espère seulement pour toi que tu ne découvriras jamais qui elle est vraiment, sous son visage d’ange.
Sur ces mots, je tourne les talons et regagne ma voiture que je démarre pendant qu’elle m’interpelle. Je ne suis pas fier du ton sur lequel je lui ai parlé, mais c’est la seule manière de lui faire comprendre mon mécontentement. Qu’elle ait un avis sur le choix de ma future épouse, je le lui concède. Mais elle n’avait pas à faire revenir une ancienne petite amie dans ma vie. Aïcha n'a peut-être rien dit à propos, mais j’ai la certitude qu’elle a compris que Déborah était liée à moi et connaissant cette dernière, elle a sûrement dû essayer de l’humilier à plusieurs reprises. Et jamais je ne laisserai personne malmener celle que j’aime ; même pas celle qui m’a mis au monde.
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10/10/2023

"Des moments de complicité inoubliables ! Créez des souvenirs magiques avec nos ensembles assortis pour maman et bébé."
Agréable journée à vous famille MK Bébé et Maman
Avec MK Bébé et Maman, donnez du confort à votre bébé👶💕

PAR DELÀ LA MER : Le feu sous la glaceChapitre 1Aïcha TIDJANI ∞∞∞Trois jours que je me cache de ma mère et vis chez Mali...
06/10/2023

PAR DELÀ LA MER : Le feu sous la glace

Chapitre 1

Aïcha TIDJANI ∞∞∞

Trois jours que je me cache de ma mère et vis chez Malika. À plusieurs reprises, elle a tenté de me voir, de me parler, de m’expliquer le pourquoi du comment des choses. Mais j’oblige Malika à lui mentir pour moi. À chaque fois qu’elle dit à ma mère ne pas savoir où je me trouve, cette dernière, elle aussi, fait semblant de la croire. J’ai conscience que c’est sa manière à elle, de m’accorder du temps et de ne pas envahir mon espace. Je connais ma génitrice pour avoir vécu toute ma vie avec elle. Je savais au fond de moi que si elle a dû me mentir ainsi, c’était sûrement pour une bonne raison. Néanmoins, je n’arrive pas à passer outre cette rage en moi. Cette déception, cette désillusion, de découvrir qu’elle n’était finalement pas si parfaite que je le croyais. Elle qui m’avait très tôt appris à faire la part entre le bien et le mal ; elle qui n’avait jamais toléré un seul écart de comportement de ma part ; découvrir qu’elle ait pu me servir autant de mensonges et pendant toutes ces années ; j’ai juste du mal à m’y faire.
— Bonsoir, ma fille, entendis-je ma mère saluer Malika.
— Bonsoir maman, lui répond cette dernière.
— J’ai besoin de parler à ta sœur. Tu ne sais toujours pas où elle est ?
La voix de ma mère se fait tellement plaintive que je ressens toute sa douleur.
— Je sais que j’ai mal agi en lui cachant la vérité. Mais il faut qu’elle me laisse une chance de m’expliquer. Nous les parents pouvons nous aussi, faire des erreurs. Et crois-moi, je m’en veux et j’ai besoin de le lui dire. Depuis trois jours, je tente de la joindre, mais elle m’a bloquée de partout. Dis-lui Malika, et je sais qu’elle t’écoute, qu’elle est tout ce que j’ai, toute ma vie. Et que parfois, tout n’est pas noir ou blanc. Il y a aussi le gris.
— Je vais lui faire la commission dès que je la vois, maman.
La voix de Malika se fait elle aussi si petite qu’elle est très peu convaincante.
— Prends bien soin de ta sœur s’il te plaît, Malika. Qu’elle ne fasse pas de bêtise et qu’elle sache qu'elle a été et sera toujours la priorité dans ma vie. Tous les choix que j’ai eus à faire de par le passé l’ont été en premier pour elle.
Le silence se fait un moment ; ce qui me paraît une éternité.
— Je suis une fois encore, désolée.
Malika ouvre en fracas sur moi, la porte de sa chambre, une fois ma mère partie.
— Tu ne crois pas que tu abuses Aïcha ?
— Comment est-ce que j’abuse ? De nous deux, c’est moi la victime, ici.
— Victime ? En quoi est-ce que tu es la victime, dis-moi ! vocifère-t-elle.
— Elle m’a menti pendant près de trente ans ! m’écriai-je à mon tour.
— Et après ? Est-ce la fin du monde ? Ou la terre s’est-elle arrêtée de tourner ? Cette femme que tu n’as de cesse d’ignorer depuis des jours est ta mère, celle qui t’a portée dans ses entrailles et t’a portée de jour comme de nuit tout le long de ta vie…
— Mais n’empêche qu’elle n’avait pas à me mentir sur mon père. Tu t’imagines la honte que ça serait si mon fiancé ou sa mère découvrait que ma mère a menti sur un sujet aussi important et pendant tout ce temps ?
— Je vois ! Ainsi, tu n’es même pas encore mariée que ta belle-famille et ton futur mari t’importent déjà plus que ta mère ? Tu me déçois beaucoup Aïcha. Je te pensais plus mature, plus réfléchie. Tu n’auras donc rien appris de tout ce qui m’est arrivé ces douze dernières années ou mieux, tout le long de ma vie ? Un mensonge dit et entretenu par ta mère a suffi pour que tu oublies qui elle représente réellement dans ta vie. C’est ton dieu sur terre, au cas où tu l’aurais oublié. Elle t’aurait avorté ou donné à boire de travers que tu ne serais pas là devant moi à faire preuve d’un orgueil aussi mal placé. Aucune mère, tu m’entends, aucune mère ne se séparerait volontairement du père de ses enfants ou ne s’obligerait à cacher la vérité sur sa paternité, juste par plaisir. Si elle a dû le faire, elle doit probablement avoir ses raisons et tu devrais lui laisser une chance de s’expliquer avant de la juger sévèrement comme tu le fais, là.
— Aucune raison ne justifierait qu’une mère prive un enfant de son père.
— Tu devrais grandir un peu plus, ma chérie. Je suis peut-être un peu trop crue, mais je ne peux faire autrement. Je comprends qu’en apprenant la nouvelle, ça puisse te choquer et te faire prendre de la distance. Mais soixante-douze heures, c’est largement suffisant pour que tu prennes de la hauteur et agisses en l’adulte de trente ans que tu es. Tu es vraiment sûre d’être prête pour le mariage ?
— Tu es de quel côté, toi ? De ma mère la menteuse ou de moi ta sœur ?
— Du côté du bon sens. Et si je t’entends encore traiter ta mère de menteuse, je te jure que je t’en colle une.
Elle agite sa main devant mon visage pour accompagner la menace. Son regard devient tellement sombre que je la crois sur parole.
— C’est toujours vous qui avez la chance d’avoir vos parents qui vous prenez pour le nombril du monde et les méprisez. Vous les auriez perdus…
Sa voix se brise et le silence se fait.
— Je n’ai jamais connu ma mère et tu le sais, Aïcha. Elle a perdu sa vie en me donnant la mienne. Je ne peux même pas te dire à quoi elle ressemblait. Pour en avoir une idée, il me faut aller fouiller les albums pour retrouver une vieille photo d’elle et là encore, elle est pour moi, une parfaite étrangère sur un bout de papier. Ta mère Mariama est ce qui s’apparente le plus pour moi à une mère. Elle a toujours été là pour moi et elle est plutôt exemplaire et tu le sais. La découverte t’a fait mal et je t’avoue avoir été moi aussi, choquée. Mais il est maintenant pour toi, l’heure d’affronter la vérité en face et d’avoir des réponses. Et n’oublie jamais la chance que tu as d’avoir une mère aussi aimante et dévouée que la tienne.
Sans attendre que j’en place une, elle attrape son sac pour se rendre à la salle de sport où l’a inscrite Kurtis. C’est sa première séance. Faire de la boxe lui permettrait d’après ce dernier de s’aérer continuellement l’esprit et de rester concentrée sur ses objectifs. J’espère moi aussi que ça l’aide. Elle a trop encaissé dernièrement avec la disparition de son neveu en mer. Je sors du lit et vais prendre une bonne do**he. Je n’en ai pas pris de convenable depuis trois jours, occupée à pleurer de tout mon saoul. Même les appels de Darell, je les filtrais pour ne pas qu’il découvre que j’étais au plus mal. Une fois ma mise en beauté finie, j’allume mon téléphone et plein d’appels manqués et de vocaux m’assaillent. Un message en particulier attire mon attention. Je me saisis de mon sac à main et direction mon salon de coiffure. J’avais complètement oublié que j’y avais rendez-vous pour coiffer ma future belle-mère. Elle était passée par son fils pour prendre un rendez-vous. À peine j’arrive, que je vois sa voiture au loin. J’entre au pas de course dans le salon, donne des consignes rapides et me vêts de mon tablier, prête à l’accueillir.
Lorsque je la vois franchir la porte, je lisse un pli imaginaire sur ma tenue et vais à sa rencontre. Drapée dans une robe qui doit coûter une fortune, dame Jeanne Do REGO entre avec à ses côtés une jeune femme tout aussi chiquement habillée qu’elle est belle.
— Bienvenue maman.
— Je t’ai déjà dit la dernière fois de m’appeler « madame ». Mon fils et toi n’êtes pas encore mariés et tu ne devrais pas pour l’instant t’imposer de telles formalités.
— Ce n’est point pour moi une formalité. Vous êtes la mère de mon promis et donc, la mienne.
— Passons ! Je te présente ma fille, Déborah. Je lui ai demandé de m’accompagner. Ça ne te dérange pas, j’espère, vu que le rendez-vous n’était pris que pour moi.
— Pourquoi te fatigues-tu, maman, à demander si ça la dérange ? Tu as vu ici, une autre cliente à part nous ? Peut-être même que nous serions leurs seules de toute la journée ! rétorque Déborah.
— Non, maman, ça ne me dérange pas. Mon prochain rendez-vous est dans une heure et je crois pouvoir gérer.
— Je vais opter pour un shampoing et ensuite, un tissage.
— Pas de souci, maman.
— Moi, je veux plutôt des tresses et de très longues. Mais de grâce, évitez de me tirer les cheveux comme si je vous devais ou que mes aïeuls devaient aux vôtres. J’ai un cuir chevelu tout aussi délicat que moi.
— Pas de souci, mademoiselle. Il sera fait selon vos bons vouloirs.
— Il y a intérêt sinon vous aurez affaire à moi.
Je cherche du regard Alice, mais elle n’est nulle part. Dans ma précipitation en arrivant, je n’avais pas remarqué qu’elle manquait à l’appel. Je demandai alors à Cynthia de commencer avec les autres, les tresses de miss parfaite et m’attaquai à ceux de ma future belle-mère.
— Ayi ! j’entends crier à ma droite.
— Faites doucement, Cynthia. Elle ne doit pas avoir mal. Ne tirez pas trop fort.
— D’accord patronne.
Je me concentre sur ma tâche en ignorant les plaintes incessantes de la demoiselle qui veut de longues tresses, mais sans la douleur qui va avec. Des clientes difficiles, je n’en ai que trop l’habitude et elle quittera forcément mon atelier avec le sourire et pas autrement. Mon portable me signale un nouvel appel. C’est ma mère. Dès que je vais finir mes tâches, je rentrerai la voir pour l’écouter. Une autre tirade de Malika comme celle de ce matin, je n’en veux plus et je doute aussi qu’elle me laisse passer la prochaine nuit chez elle. Elle est très calme et conciliante de nature, mais quand elle prend la mouche comme ce matin, mieux vaut ne pas la contrarier davantage et je l’aime trop pour risquer sa colère, sans oublier que ma mère commence sérieusement à me manquer. Elle est tout pour moi. J’aime aussi Malika, mais elle, c’est celle qui m’a fait voir le jour.

Kayla LIGAN ∞∞∞

Un an que mon bonheur m’a été arraché. Une année entière sans aucune nouvelle de l’amour de ma vie. Douze mois sans savoir à quoi m’accrocher. Que vais-je faire de tout cet amour qui déborde de mon cœur pour lui ? Je renifle, vais dans ma do**he me débarbouiller afin d’être plus présentable. Plus d’une semaine que je ne sors plus de ma chambre. Des jours durant que je pleure ma tristesse, mon désarroi, ma perte. J’aurais dû insister davantage pour que Medhi prenne l’argent que je voulais lui donner. Mon père aurait fini par me pardonner en le découvrant et aujourd’hui, il serait encore vivant même s’il me quittait pour une autre. J’aurais préféré mille fois, cette douleur à celle que je vis en ce moment. Mon amour, jamais, ne me sera rendu. Mes larmes coulent de plus belle et quand je prends conscience de ce que je m’apprête à faire, je me sens encore plus mal.
Une heure plus t**d, je toque à la porte de la chambre de mes parents. Mon père me donne l’ordre d’entrer. Je m’exécute et quand les yeux de ma mère se posent sur moi, elle me « tchippe ».
— Tu te rends compte chéri que ton ingrate de fille continue de pleurer ce « rienneux », ce « pauvrelot » ! Un immigrant clandestin ? J’ai sûrement dû louper quelque chose dans ton éducation pour que tu en viennes à tomber aussi bas. Tu n’as aucune ambition, Kayla. Toutes ces années, tu es allée contre notre volonté pour t’enticher d’un homme inutile, en plus de ne pas être chrétien. Et maintenant que le bon Dieu te fait la grâce de t’en débarrasser, tu te laisses mourir, te déshydrater. C’est toi seule qui sais aimer ou bien ? Continue sur cette lancée. Mais ne nous impose pas cette vilaine tête que tu as en ce moment parce qu’aucun de nous ne t’a envoyée. Et pour ton information, je suis à nouveau enceinte. Je voulais avoir un seul enfant, avec l’espoir que tu serais parfaite, mais qu’elle déception, tu es !
Le trou laissé par la douleur dans mon âme se fait plus béant. À quel moment ma mère, ma propre mère a-t-elle nourri autant de ressentiments pour moi, au point de me dire de ces atrocités sans bégayer une seule fois ? Je n’ai pas mal qu’elle m’apprenne qu’elle est à nouveau enceinte. C’est plutôt une bonne nouvelle, même s’il y aura plus de vingt ans d’écart entre moi et le nouveau membre de la famille et je n’ai pas voulu être enfant unique. Mais me rendre compte qu’elle tombe enceinte afin de me remplacer est affligeant et dégradant.
— Si elle est là, c’est sûrement pour nous dire quelque chose, intervient mon père. Laisse-la alors parler et au cas où tu ne le saurais pas, un enfant ne se remplace pas par un autre.
Cette remarque de mon père me fait me sentir mieux. Au moins un de mes parents se souciait encore de mes sentiments.
— Qu’elle parle et vite alors ! Moi, je dois faire ma grasse matinée, dit-elle avec dépit.
Elle n’a pas du tout aimé la remarque de mon père. La connaissant, elle lui fera des histoires, une fois que je serai partie.
— Vous pouvez accepter la proposition de mariage des parents de Tanguy. J’accepte de l’épouser, leur annonçai-je plus mal que jamais.
— Alléluia ! s’écrie ma mère en sautant du lit.
— Tu es sûre de toi ? fait mon père, pris de cours.
— Pourquoi lui demandes-tu encore si elle est sûre d’elle ? Tu ne l’as pas entendue ? Elle est d’accord pour épouser l’homme de notre choix.
— Je l’ai entendue, mais je veux m’assurer que…
— Je suis d’accord papa. Et je suis désolée de t’avoir contrarié pendant tout ce temps.
— Je suis désolé aussi princesse. Mais crois-moi, tout ce que je décide aujourd’hui, c’est uniquement pour ton bien. Je ne veux que ton bonheur.
Mon père se lève et m’ouvre ses bras. Je m’y réfugie en pleurant de plus belle. Il m’a tellement manqué ! Si épouser qui ils veulent, me permet de retrouver notre complicité d’antan, ce serait déjà ça. Au-delà de tout, mon père est le plus extraordinaire au monde.
— Je vais appeler tes futurs beaux-parents pour leur annoncer la bonne nouvelle. Le pasteur n’en reviendra pas. Il célébrera sous peu, le mariage du siècle.
Ma mère jacasse dans tous les sens, oubliant, on dirait, son état de grossesse et même la grasse matinée qu’elle voulait pourtant faire.
— Princesse, m’interpelle mon père. Je sais que tu n’aimes pas ce jeune homme et que si tu acceptes, c’est uniquement pour me faire plaisir. Mais tu n’es pas obligée, tu sais ! Tu peux te trouver un autre homme. Tant qu’il est chrétien, moi, ça me va.
— Mais de quoi parles-tu, chéri ? Tanguy est non seulement instruit, chrétien, mais riche tout autant qu’elle, sinon plus. Elle ne pourra pas trouver mieux que lui. C’est entièrement de ta faute, si cette petite est si capricieuse. Pour une fois qu’elle prend une bonne décision qui nous honore, tu ne peux pas t’empêcher n’est-ce pas de jouer au papa-gâteux ?
— Ma décision est prise, maman. Je vais épouser Tanguy. Tu n’as pas à t’en faire.
Sur ces mots, je quitte leur chambre. À peine quelques mètres parcourus que j'entends déjà les voix s’élever. C’est parti pour tout au moins une heure.
Mes parents sont comme le jour et la nuit. Si petite j’ai toujours cru avoir une famille parfaite, des parents qui s’aiment et sont heureux, ces derniers mois, m’ont fait voir une autre facette de leur couple que je ne connaissais pas. Le bonheur et l’harmonie dans leur couple ne sont que de façade. Ma mère est tout sauf sage et ne perd aucune occasion d’élever la voix en présence de mon père. C’est vrai que le fameux jour où Medhi et ses parents étaient venus se présenter à eux, il s’était clairement opposé à notre relation et m’avait à plusieurs reprises, demander de rompre. Mais après la disparition de Medhi, il a regretté de l’avoir méprisé et de ne lui avoir pas donné sa chance, surtout après que je l’aie accusé d’être en partie responsable du sort funeste de l’homme que j’aimais. Je lui ai fait comprendre que s’il avait pris la peine de le connaître mieux et de comprendre nos sentiments, il aurait pu le prendre sous son aile et en faire l’homme qu’il voulait pour moi et même le convertir au christianisme. Car pour moi, Medhi aurait été capable de tout. Ce jour là, j’avais lu de la culpabilité dans son regard. La seule que mon discours n’avait point touchée était ma mère. « Bon débarras ! » avait-elle dit et sans sourciller.
Tanguy GOUVI est en fait, un jeune homme de vingt-cinq ans qui après ses études à l’étranger, est revenu au pays, il y a six mois. C’est lors du culte du dimanche après son retour que le pasteur a fait une révélation selon laquelle, je serais sa côte, la femme qui lui serait destinée. À la nouvelle, ma mère sauta dans tous les sens, se mettant même en spectacle. Les GOUVI sont en réalité très riches. Industriels de génération en génération, ils ont une grosse fortune et GOUVI père est, en plus un politicien, un homme influent du gouvernement de Soro Lanka. Il est le plus gros donateur de notre église dont il a financé la construction à plus de la moitié. À dire vrai, toutes les jeunes filles de notre congrégation voudraient être l’élue de son cœur et bien avant qu’il parte au loin, il avait déjà des vues sur moi et jamais, il ne m’avait intéressé. Je ne sais encore de quoi l’avenir sera fait et encore moins ce que me réservera cette union. Mais si elle ravit ma mère et qu’elle me trouve moins inutile, je suis partante. Je suis épuisée par sa haine et sa colère incessantes à mon encontre. J’ai déjà perdu mon Medhi. Mes parents sont tout ce qui me reste et je prierai le Seigneur afin qu’il m’aide au mieux dans cette trajectoire que je tente de donner à ma vie qui était pourtant toute tracée.

Zinah ELKAÏM ∞∞∞

Je refais un autre test et les deux traits s’affichent à nouveau. Je suis enceinte. Ma longue lune de miel a porté ses fruits. Je me laisse tomber, toute désespérée sur mon lit sans savoir quoi faire. Kader est parti tôt à l’entreprise. Un rendez-vous avec des investisseurs qui devrait lui permettre de trouver le financement pour lancer une nouvelle affaire. Il ne cesse de m’émerveiller par son intelligence et son sens aigu des affaires. C’est à croire qu’il l’avait fait toute sa vie. Il est tout simplement parfait. Le seul défaut qu’il a et qui est malheureusement grand, c’est qu’il est noir et africain. J’ai beau faire comme si ça ne me posait pas vraiment problème, ce n’est pourtant pas vrai même s’il est très pieux comme musulman. Et mes frères n’ont de cesse de me le rappeler constamment. Depuis nos noces, à aucune de nos invitations à prendre le thé ou à dîner chez nous, ils n’ont accepté. Ils considèrent mon époux de classe et de race tellement inférieures à la nôtre, qu’ils ne veulent pas s’asseoir à la même table que lui. C’est une situation qui m’attriste, mais je ne peux faire autrement. Je ne peux les obliger à rien et encore à accepter l’homme que je leur ai imposé. Des fois, j’ai envie qu’il soit blanc de peau, car ça résoudrait tous nos problèmes, mais ce n’est pas possible. Il y a de ces choses sur lesquelles nous n’avions aucun contrôle et qui sont au-dessus de nos possibilités.
— Ma princesse, me surprend Zenab en faisant son entrée. Ta nouvelle servante m’a dit que je te trouverais ici. Plus de dix minutes que je t’attends dans le séjour. Tu as oublié que nous avions rendez-vous ce matin pour faire les boutiques ?
Sans lui répondre, je lui tends le lot de test de grossesse et son regard s’agrandit.
— Toutes mes félicitations, ma chérie. Ton mariage est béni ! jubile-t-elle. Mais j’ai comme l’impression que la nouvelle ne te réjouit pas pour autant.
— Je n’ai pas prévu tomber enceinte. Pas de si tôt en tout cas !
— Je ne te comprends pas. Tu aimes ton époux n’est-ce pas ? Alors, pourquoi ne pas te réjouir de porter sa progéniture en ton sein ?
Elle semble intriguée. Elle a été la première que j’ai convaincue de mon amour pour Kader et aussi celle qui a le plus tenté de me dissuader de l’épouser, mais sans succès. Des mois durant, elle a tenté de me faire comprendre que nos deux vies ne pouvaient s’emboîter pour diverses raisons, mais à chaque fois, je lui opposais toujours un argumentaire et elle avait fini par capituler et à admettre que j’étais définitivement amoureuse.
— J’aime mon mari, mais un enfant, c’est tout autre chose ! Tu imagines un peu la couleur de peau qu’il ou elle aura ?
— Et ce n’est que maintenant que tu t’en soucies ? Pourquoi crois-tu que nous ne nous mélangeons pas à ces gens ? Comment crois-tu que le pauvre Kader se sent depuis que tu l’as intégré de force à ta vie ? Tu sais comment les nôtres traitent les gens de couleur, mais tu l’as quand même épousé.
— J’avais besoin de lui et il m’aime tellement !
— Tu crois qu’il t’aimera toujours autant s’il retrouvait la mémoire ? Cet homme n’avait pas toute sa tête quand tu avais décidé d’en faire tien. Là, n’est même pas la question. Que comptes-tu faire de cet être innocent qui grandit en toi ?
Je soupire et pose ma main droite sur mon ventre.
— Je vais le garder, je crois.
— Le garder ? Tu ne crois pas que tu en fais un peu trop ? Tu as déjà fait la connerie d’épouser un noir ; tu vas en plus commettre la bêtise de faire un bébé noir ?
Entendre le mot « noir » sortir de la bouche de mon amie me fait l’effet d’une do**he froide. N’a-t-elle pas finalement raison de penser que je fais une connerie en gardant le bébé ?
— Je n’ai pas d’autre choix, mon amie. Mes frères ne cessent depuis mon mariage d’essayer de le dissoudre. Malgré les efforts de Kader, ils continuent de l’humilier, de le rabaisser et à cette allure, jamais, je ne rentrerai en possession de mon héritage.
— Et nous y voilà ! C’était donc le but, depuis le tout début ; ton héritage ! J’étais certaine que tu mentais sur tes soi-disant sentiments pour Kader. Le pauvre !
— Avant peut-être, mais aujourd’hui je tiens énormément à mon époux. Il est aimant, gentil, attentionné ; il est juste extraordinaire.
— Mais de couleur, mon amie.
— Malheureusement. Mais je garderai ce bébé. Il est la solution à tous mes problèmes.
— D’accord. Tu l’as déjà dit au père ?
— Pas encore. Je l’informerai ce soir et tu m’aideras à organiser une grande fête pour l’annoncer publiquement dans exactement trois mois. Je veux une fête dont tous se souviendront, et mes frères en premier. Je les mettrai devant le fait accompli. Ils vont en souffrir, mais n’y pourront rien, car mon bébé sera le tout premier de la prochaine génération des ELKAÏM.
— Je comprends mieux, percute enfin Zenab. Ils seront vraiment verts de rage…
— Et devront alors, composer avec moi. Je jubile d’avance.
Oui, je connais assez mes frères. S’ils découvrent tout de suite mon état, ils essaieront de me convaincre d’avorter même si c’est un péché capital. Ils m’y obligeront à coup de promesses ou même me feront perdre en douce mon bébé parce qu’ils n’y verront qu’un simple œuf. Mais à plus de trois mois de vie, ils sauront que le bébé est déjà viable et n’oseront pas. Ils seront obligés de le laisser vivre, de peur d’avoir un meurtre sur leur ardoise chez le créateur.
— La princesse que je suis, deviendra « reine », très prochainement, et ce grâce à toi, mon bébé. Je t’attends avec impatience mon petit ange.
Un beau sourire étire mes lèvres. Ma vie commence enfin !
Avec MK Bébé et Maman, donnez du confort à votre bébé👶💕

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