14/07/2026
5ᵉ Congrès extraordinaire de la CNTB : une nouvelle gouvernance au service d’une Confédération renforcée
Réunis le samedi 11 juillet 2026 à Ouagadougou, les délégués de la Confédération Nationale des Travailleurs du Burkina (CNTB) ont tenu le 5ᵉ Congrès extraordinaire de leur organisation. Convoquée pour mettre les textes fondamentaux de la Confédération en conformité avec la loi n°011-2025/ALT portant liberté d’association, cette session a également permis de renouveler les instances dirigeantes, de consolider les bases de la gouvernance syndicale et de réaffirmer les ambitions de la centrale en matière de défense des travailleurs et de renforcement de l’éducation ouvrière.
Le 5ᵉ Congrès extraordinaire de la CNTB restera comme une étape importante dans la vie de la Confédération. Plus qu’une simple rencontre statutaire, cette session exceptionnelle traduit la capacité de l’organisation à s’adapter aux évolutions de son environnement tout en restant fidèle à sa mission fondamentale : défendre les intérêts matériels et moraux des travailleurs burkinabè.
Moins de deux ans après le XIVᵉ Congrès ordinaire de septembre 2024, les congressistes se sont retrouvés à Ouagadougou pour engager une importante réforme des textes de la Confédération. Cette initiative fait suite à l’entrée en vigueur de la loi n°011-2025/ALT du 17 juillet 2025 portant liberté d’association, qui impose aux organisations syndicales de mettre leurs statuts et leur fonctionnement en conformité avec les nouvelles dispositions légales.
A l’ouverture des travaux, le Secrétaire général confédéral, le camarade Marcel Zanté, a rappelé que cette démarche s’inscrivait dans un contexte particulier. Après le XIVᵉ Congrès ordinaire, la CNTB avait entrepris les démarches en vue de l’obtention de son récépissé, sans succès en raison du silence de l’autorité administrative. L’adoption de la nouvelle législation est alors venue redéfinir le cadre juridique applicable aux organisations syndicales, rendant indispensable la convocation de ce Congrès extraordinaire afin d’assurer la conformité de la Confédération avec les nouvelles exigences.
Avant même l’ouverture officielle des travaux, les congressistes ont observé une minute de silence en mémoire des militants disparus depuis le précédent Congrès. Un moment de recueillement qui a rappelé l’attachement de la CNTB à celles et ceux qui ont consacré leur engagement à la cause des travailleurs et contribué à construire l’histoire de la Confédération.
Une réforme juridique au service d’une ambition syndicale renouvelée
Au-delà de la mise en conformité juridique, ce Congrès a constitué un véritable exercice de modernisation institutionnelle. Les délégués ont adopté les nouveaux statuts et le règlement intérieur de la Confédération, introduisant plusieurs innovations destinées à renforcer la gouvernance interne. Les nouvelles dispositions consacrent notamment une meilleure clarification des compétences des différentes instances, renforcent le rôle du Conseil confédéral comme organe de décision entre deux congrès et rappellent l’obligation faite au Bureau exécutif national de rendre compte régulièrement de sa gestion à travers la présentation de rapports d’activités et de rapports financiers. Les textes précisent également la durée des mandats et les règles applicables aux responsables de la Confédération, dans un souci de transparence, de stabilité institutionnelle et d’alternance démocratique.
Le Congrès a également été marqué par le renouvellement des instances dirigeantes, ouvrant ainsi une nouvelle étape dans la mise en œuvre du Plan stratégique de développement syndical 2024-2029 adopté lors du précédent Congrès. Pour les responsables de la Confédération, cette continuité est essentielle : il ne s’agit pas de rompre avec les orientations définies en 2024, mais de leur donner les moyens institutionnels nécessaires pour être pleinement mises en œuvre.
Dans son intervention, Marcel Zanté a dressé un bilan encourageant des actions entreprises depuis son élection. Il a souligné les progrès enregistrés dans la restructuration des syndicats affiliés et des fédérations professionnelles. Plusieurs organisations, autrefois peu actives, ont tenu leurs assemblées générales, renouvelé leurs instances et adapté leurs textes aux nouvelles exigences réglementaires. Cette dynamique, selon lui, témoigne de la volonté des structures membres de renforcer leur gouvernance et de consolider leur crédibilité auprès des travailleurs.
La Confédération a parallèlement poursuivi son implantation territoriale par la création et le renforcement de sections provinciales, désormais mieux organisées et, pour certaines, dotées de sièges permettant d’accueillir les travailleurs dans de meilleures conditions. Cet ancrage progressif constitue un levier important pour rapprocher l’action syndicale des réalités du terrain et améliorer l’accompagnement des militants.
Le Secrétaire général a également insisté sur une dimension qui constitue aujourd’hui l’une des priorités stratégiques de la CNTB : l’éducation ouvrière. Conservé comme thème de ce Congrès extraordinaire, « Rôle de l’éducation ouvrière dans le renforcement de l’action syndicale », ce choix illustre la volonté de la Confédération de poursuivre les orientations définies lors du XIVᵉ Congrès ordinaire. Pour la CNTB, former les travailleurs demeure une condition essentielle d’une action syndicale efficace, responsable et durable.
Dans cette perspective, la centrale syndicale a développé, avec l’appui de ses partenaires WSM et CSC Liège, un vaste programme de renforcement des capacités de ses militants. Des formations en présentiel et en ligne sont régulièrement organisées sur le droit du travail, le droit de la fonction publique, les conventions collectives et les normes internationales du travail. L’objectif est de permettre aux responsables syndicaux et aux travailleurs de mieux connaître leurs droits afin de défendre leurs intérêts avec compétence, responsabilité et efficacité.
À ces actions de formation s’ajoutent les initiatives conduites dans le domaine de l’assistance juridique ainsi que les projets économiques développés au profit de certaines catégories de travailleurs, notamment les producteurs maraîchers et les bénéficiaires des microcrédits accordés grâce au partenariat avec la Mutuelle des Femmes pour le Développement (MUFEDE-B). Ces réalisations traduisent la volonté de la CNTB de conjuguer revendication syndicale et amélioration concrète des conditions de vie de ses membres.
Au terme de cette session extraordinaire, la CNTB apparaît plus que jamais engagée dans une dynamique de consolidation institutionnelle. En adaptant ses textes au nouveau cadre juridique, en renouvelant ses instances dirigeantes et en réaffirmant la place centrale de l’éducation ouvrière dans son projet syndical, la Confédération démontre que les réformes peuvent constituer un puissant levier de renforcement organisationnel. Ce 5ᵉ Congrès extraordinaire ouvre ainsi une nouvelle phase de son histoire, placée sous le signe de la responsabilité, de la modernisation et d’un engagement renouvelé au service des travailleurs burkinabè.
John Leonel KABORE