29/07/2026
For you, 𝐒𝐢𝐬𝐭𝐚𝐫𝐬 ☆✨🤎
★★★
Je suis dans le couloir du dernier étage, en train de me diriger pour la première fois dans l'un des carrés VIP.
Pour la très courte histoire, j'étais déjà prête à brûler la piste, comme chaque soir depuis des mois. Kaito a surgit de nul part, m'a intercepté dans les vestiaires, m'a regardé avec ce sourire en coin qui me hérisse les poils.
- Ce soir, pas de scène. Un client veut une danse privée dans le carré VIP, a-t-il commencé sous le regard mauvais de Yuki qui était juste à côté. Il a demandé la « nouvelle muse » qui met le feu toutes les nuits. Il paye le triple. C'est ta chance déesse.
Chance, mon œil.
J'ai froncé les sourcils sous le masque. Les danses privées, je les fuis ; je danse pour la foule, pas pour le poids d'un seul regard. Étant sur le point de refuser, Kaito a été plus rapide ajoutant, presque amusé :
- Il a dit : « Celle qui fait trembler la salle sans jamais montrer son visage ». Et c'est toi, Zora. Il insiste lourdement. Tu ne vas pas refuser ce genre de pain béni.
Yuki et sa garde dégoutée quittent les vestiaires non sans m'envoyer un joli bisou, que je leur ai renvoyé en plus acéré sous l'œil amusé de ce bougre arrêté devant moi.
Je n'ai pas dit non. Je n'ai pas dit oui non plus. J'ai juste hoché la tête, mon silence valant acceptation.
Et maintenant, je suis là après avoir emprunté l'escalier privé devant cette porte laquée noire. Je souffle un bon coup et je pousse la porte. Elle cède dans un murmure, m'invitant à découvrir ce qui se cache derrière.
La pièce est un gouffre. Un plafond vertigineux, des murs tendus de noir mat qui semblent absorber le moindre rayon de lumière, à l'exception de cette lumière rouge sang qui tombe du plafond comme une pluie de braises. Je fais quelques pas, mes sens en alerte, refusant de céder à la tentation de jouer les touristes.
Mon regard balaie l'espace en une seconde, enregistrant la structure : à gauche, un bar dont les reflets sombres traduisent l'élégance ; à droite, cette immense baie vitrée fumée qui domine le club, un œil de cyclope offrant une vue imprenable sur la scène en contrebas. Entre les deux, le bureau de travail, massif, imposant et bien rangé. Les murs, ornés de tableaux de maîtres aussi onéreux que discrets, soulignent le luxe sans jamais crier à l'opulence. Au centre de la pièce, tel un totem dédié au vice, une barre de pole dance solitaire semble attendre une autre performance.
Je ne m'att**de pas plus sur le décor. Ce n'est pas le moment, même si mon côté curieux appelle la tentation.
C'est là que je le vois.
Il est assis dans son canapé de cuir, légèrement en retrait des deux sièges visiteurs, les mains jointes, ses coudes posées sur les accoudoires dans une posture qui impose le respect. Il est presque englouti par les ténèbres en costume anthracite impeccable, chemise noire entrouverte. Un verre à peine entamé sur une petite table basse à côté. Mon attention est aspirée par cet homme mystérieux. Je suis entrée dans la gu**le du dragon, et maintenant qu'il sait que je suis là, il n'y a plus de retour en arrière possible.
La lame de lumière écarlate effleure son visage lorsqu'il bouge légèrement et ses yeux, d'un noir d'encre, semblent absorber tout ce qui l'entoure.
Je le reconnais instantanément.
Renji Kuroda.
Mon cœur manque un battement, puis s'emballe, frappant contre mes côtes comme un oiseau en cage. Je me suis retenue d'écarquiller les yeux, figée sur le seuil. Lui par contre ne manque pas de me regarder longuement sans piper mot. Il me détaille avec une lenteur calculée, comme s'il cherchait à déchiffrer mon identité derrière le masque rouge.
Je sens mes jambes trembler sous le latex, une panique chaude et acide montant le long de ma gorge. Mais sous cette peur, il y a autre chose. Une vibration plus profonde, plus dangereuse, qui me brûle.
– Danse.
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