08/03/2026
Avant de me perdre
Je répète souvent que j’ai envie de me réapproprier ma maison.
Comme si un simple grand ménage allait suffire.
La vérité, c’est que je reporte souvent ce moment. Non pas parce que je suis paresseuse. Mais parce que chaque fois que je commence à fouiller en profondeur, je tombe sur des morceaux de mon ancienne vie.
Et c’est confrontant.
Je retrouve des objets, des achats, des projets… et, avec eux, des souvenirs de la personne que j’étais.
Une femme qui passait son temps à justifier ses propres dépenses.
Qui culpabilisait avant de s’offrir quelque chose.
Qui avait besoin de convaincre que son besoin était légitime.
Pendant ce temps, j’acquiesçais presque automatiquement aux demandes de l’autre.
Parce que ça semblait plus important.
Parce que je voulais soutenir.
Parce que je croyais que c’était ça, aimer.
Ce n’est pas seulement l’argent qui me frappe aujourd’hui.
C’est de réaliser à quel point je me suis habituée à passer après.
À remettre mes envies à plus t**d.
À croire que mes projets pouvaient attendre.
Chaque tiroir que j’ouvre me rappelle un peu cette version de moi.
Et parfois, ça fait mal.
Mais je comprends aussi que ce ménage n’a jamais été seulement une question de poussière.
C’est un processus de guérison.
Chaque objet que je trie, chaque espace que je réorganise, c’est une façon de me dire :
« Ici aussi, j’ai le droit de prendre ma place. »
Peut-être que se réapproprier une maison, ce n’est pas seulement changer les meubles de place.
C’est arrêter de vivre dans un espace construit autour des besoins de quelqu’un d’autre.
Et commencer, enfin, à construire un endroit qui nous ressemble.
Si tu t’es déjà retrouvé à t’oublier pour faire passer les besoins des autres en premier, sache une chose : il n’est jamais trop t**d pour reprendre doucement la place qui t’appartient.