15/12/2025
L'interview du 10 décembre
Il a fait économiser près de 13 millions d'euros aux Français : financé par les marques de mode via l'éco-organisme Refashion, le "bonus réparation" pour vêtements et chaussures a été lancé il y a seulement deux ans. Et les réparateurs labellisés qu'ICI Picardie a pu rencontrer ne le regrettent pas.
C'est un concept dans l'air du temps en contradiction, justement, avec cette autre tendance du moment qu'est la fast fashion : faire réparer ses vêtements abîmés pour les faire durer plus longtemps, ou quand économie rime avec écologie. Le "bonus réparation", une remise immédiate accordée au client lors d'une réparation de textiles effectuée chez un magasin ou artisan labellisé par l'éco-organisme Refashion, a justement été lancé fin 2023 pour combler le manque d'informations fiables dans le domaine.
1,7 million de réparations effectuées grâce au bonus
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La ristourne, qui peut chiffrer jusqu'à plusieurs dizaines d'euros, a fait son petit effet selon Refashion, qui a communiqué plusieurs chiffres sur le dispositif début décembre : environ 1,7 million de réparations ont pu être effectuées grâce au bonus mis en place il y a deux ans. Et même si l'association de consommateurs UFC Que Choisir estimait dans une enquête parue l'été dernier que le "bonus réparation" était "trop complexe" dans sa mise en place notamment vis-à-vis des artisans, ceux labellisés affichent, toujours d'après l'éco-organisme, une activité en hausse de +13,2%. Et 72% d'entre eux disent avoir gagné de nouveaux clients grâce au bonus, selon Refashion.
C'est le cas de Monika, une des premières artisanes d'Amiens - on compte une douzaine de partenaires dans la Somme, trouvables sur refashion.fr - à avoir pu en bénéficier. Dans son appartement au sud d'Amiens, cette pimpante quinquagénaire enchaîne les réparations sur sa machine à coudre. Elle a monté sa micro-entreprise, "La re-Touche Monika", elle qui pratique la couture "depuis... 50 ans", rigole-t-elle. "Depuis mon enfance", reprécise l'Amiénoise. Monika sait tout faire mais ses carnets de commande ont décollé depuis l'obtention du label bonus réparation fin 2023. "Avec le temps, le bouche-à-oreille et la publicité, ça se passe très bien !"
"L'hiver, beaucoup viennent faire réparer la fermeture éclair de leur doudoune !"
La preuve : depuis le début de l'année, elle a reçu 420 commandes et plus de la moitié grâce au "bonus réparation", selon Monika. "Je répare les trous sur les vêtements, les coutures défaites, je change les doublures usées... L'hiver, beaucoup viennent faire réparer la fermeture éclair de leur doudoune ! Normalement, réparer une fermeture éclair, c'est 18 euros. Là, le client paye 10 euros." Il peut y avoir jusqu'à 60% de réduction sur le prix d'une réparation de vêtements, tout bénéf' pour les clients ! "Il n'y a pas longtemps, j'ai réparé pour un Monsieur beaucoup de pantalons qui avaient pas mal de déchirures, et il était très content", confirme Monika.
À en croire la couturière, le dispositif "bonus réparation" est plutôt simple à gérer niveau paperasse. Ce que confirme Paul, le mari de Monika, qui donne un coup de main à sa femme sur le volet administratif de son affaire. "Je l'aide à faire les saisies pour demander le montant du bonus à l'organisme Refashion, explique-t-il. On réalise une facture pour le client dans laquelle le montant de la réduction est inscrit. Ensuite, on envoie la copie de la facture à Refashion avec les photos du textile. Et Refashion verse le montant de la réduction portée sur la facture."
Chaque 10 du mois, le bonus tombe sur le compte bancaire de Monika. Elle ne fait pas ça pour l'argent, insiste-t-elle, mais pour la planète "parce que notre monde a un gros problème avec les déchets. Jeter les vêtements, ce n'est pas une bonne résolution pour l'environnement. Alors, réparer, c'est une bonne solution !" Même s'il faut parfois s'armer de patience côté client. "Il y a deux semaines de délai et pour les mois de mai-juin, c'est quatre semaines", s'excuse presque Monika. Des clients qui ne viennent pas tous d'Amiens : "J'en ai qui viennent de l'Oise, Corbie, Montdidier..."
"Temu ou Shein ne seront jamais moins chers que la réparation"
Au final, chacun y trouve son compte et l'Amiénoise ne regrette pas d'avoir obtenu le label "bonus réparation". "J'aime bien mon travail, c'est ma passion. Et quand je vois que quelqu'un est très content de mon travail, c'est une très grande satisfaction !" Si Monika est l'une des plus anciennes dans la Somme à avoir été labellisée "bonus réparation", d'autres structures ont adhéré il y a peu. C'est le cas de Synapse3i, une association basée au Nord d'Amiens qui propose des ateliers chantiers d'insertion et dont l'atelier couture et broderie fait partie du dispositif depuis cet été.
:https://www.francebleu.fr/emissions/l-info-d-ici-ici-picardie/le-bonus-reparation-a-le-vent-en-poupe-a-amiens-7233104 🙂😉
Il a fait économiser près de 13 millions d'euros aux Français : financé par les marques de mode via l'éco-organisme Refashion, le "bonus réparation" pour vêtements et chaussures a été lancé il y a seulement deux ans. Et les réparateurs labellisés qu'ICI Picardie a pu rencontrer ne le reg...