22/06/2025
Elle se lève chaque matin à six heures.
Lentement, elle glisse jusqu’à l’évier de la cuisine pour se débarbouiller.
Depuis longtemps, elle ne monte plus les escaliers. Trop d’efforts, trop de douleurs.
Alors la salle de bain, les chambres à l’étage… c’est du passé.
Un café, toujours le même. Son petit rituel du matin.
Puis elle s’installe dans son fauteuil et regarde le jour s’éveiller.
Ses enfants ? Ils passent… une fois par an. Fête des mères, Nouvel An.
Ils sont “débordés”. Le travail, les enfants, la vie qui va trop vite.
Avant, elle sortait sa chaise, s’installait devant la porte,
et discutait avec ses voisines pendant des heures.
Mais les unes après les autres, elles sont parties.
Aujourd’hui, la chaise est rangée. Et la porte reste fermée.
À midi, elle fait réchauffer un plat tout prêt.
Puis elle retourne dans son fauteuil, elle somnole.
Elle pense à lui… son mari.
Combien de fois elle a voulu partir. Et pourtant, elle est restée.
Cinquante ans de souvenirs, de hauts et de bas. D’amour silencieux.
Parfois, un petit-enfant passe la voir.
Mais c’est souvent pour demander un billet.
Elle sait qu’il ne reviendra pas tout de suite…
Alors elle donne, avec tendresse. Parce que c’est ça, une grand-mère.
À dix-neuf heures, elle allume la télé pour le journal.
Des nouvelles tristes, souvent. Mais elle aime rester informée.
Puis elle glisse dans son petit lit, au rez-de-chaussée,
là où jadis trônait le canapé.
Et là, dans le silence de la nuit…
Elle rêve.
Elle se revoit à vingt ans, insouciante, libre,
dansant le samedi soir, riant aux éclats.
Elle revoit la naissance de ses enfants. Elle ressent encore ce bonheur immense.
Elle repense à son mari. Sa tête de mule. Son unique amour.
Elle ne dort pas vraiment.
Elle vit dans ses souvenirs.
Et le jour, elle attend simplement…
qu’on vienne la retrouver.
🌹 Hommage à toutes les grands-mères.
Celles qui ont tant donné, et qui attendent encore un peu de présence.
Juste un regard, une main, une visite…