10/04/2024
Un beau message de vie. Et un grand bravo Ă l'association Association CrĂšche d'Arequipa.đ
Ouest-France - Pleucadeuc
Encore merci Ouest-France pour tous ces articles.
Pleucadeuc. Renato, sorti de la rue grĂące Ă lâasso CrĂšche dâArequipa, dĂ©livre un tĂ©moignage poignant
Renato a connu la rue au PĂ©rou, de sa naissance Ă ses 3 ans. AbandonnĂ© par sa mĂšre, il a Ă©tĂ© accueilli il y a 40 ans dans la premiĂšre crĂšche créée Ă Arequipa Ă lâinitiative dâArmelle Reinhard, Pleucadeucienne, et dâAnnie Oillic, de Berric, qui vit au PĂ©rou. Il a tĂ©moignĂ© Ă Pleucadeuc (Morbihan), samedi 6 avril 2024.
La rue et lâabandon
Renato, 43 ans, est mariĂ© et a deux enfants. Il a parcouru un chemin inimaginable pour arriver Ă ce quâil est aujourdâhui. â JusquâĂ mes 3 ans, je vivais avec ma mĂšre qui mâemmenait avec elle dans la rue pour vendre quelques bricoles. Jây ai connu la misĂšre, la faim, le froid et la drogue. JâĂ©tais comme un petit oiseau perdu. Je suis dâorigine indienne, et dans les annĂ©es 1980, toutes les femmes descendaient de la montagne pour aller tenter leur chance au moment de la grande migration. Et puis, Ă 3 ans, ma mĂšre mâa abandonnĂ©. â
Toujours avec le sourire, Renato poursuit son rĂ©cit, samedi, Ă Pleucadeuc (Morbihan), lors des 40 ans de lâassociation CrĂšche dâArequipa. â Câest juste Ă ce moment-lĂ , quâAnnie, enseignante au PĂ©rou et Armelle, venue adopter des enfants, ont créé une premiĂšre crĂšche pour sortir les enfants comme moi de la misĂšre et de la rue et pour leur offrir un avenir meilleur. Au tout dĂ©but, nous Ă©tions trois ou quatre enfants. Mais moi, nâayant plus de mĂšre, je nâavais pas dâendroit oĂč aller aprĂšs la journĂ©e Ă la crĂšche, certaines enseignantes me prenaient chez elle. â
« Jâai eu beaucoup de chance »
â Les parrains ou marraines de lâassociation ne sont en gĂ©nĂ©ral pas dirigĂ©s vers un enfant en particulier. Mais jâai eu la chance dâen avoir une, que jâai rencontrĂ©e rĂ©cemment, elle me gĂątait spĂ©cialement. Je savais que quelquâun me protĂ©geait, une enseignante mâa adoptĂ© quand jâavais 8 ans. Jâai pu alors aller dans une Ă©cole privilĂ©giĂ©e. Ceci dit, mĂȘme lĂ , Ă©tant indien dâorigine, jâai dĂ» me battre et jâai voulu montrer que jâĂ©tais meilleur que les autres pour devenir quelquâun. â
AprĂšs des Ă©tudes dâavocat au PĂ©rou, il rencontre sa femme et dĂ©cide de venir vivre en France, Ă Rennes (Ille-et-Vilaine). Il enchaĂźne alors les diplĂŽmes de master en management, puis intĂšgre sciences-po et facultĂ© de droit. Renato a montĂ© une sociĂ©tĂ© et travaille aujourdâhui dans une entreprise de logiciels pour les ressources humaines. Il a Ă©galement acquis la nationalitĂ© française.
â Jâai eu beaucoup de chance, pour autant la chance ça se provoque. Il faut ĂȘtre courageux, savoir foncer et prendre des risques. Jâai deux enfants de 17 et 13 ans et jâessaie de leur transmettre cette idĂ©e-lĂ . Les enfants ne nous appartiennent pas, mais il faut leur donner un sac et le remplir : amour, travail, efforts, Ă©tudes. Je mâen suis sorti grĂące à ça. â âEt bien sĂ»r, je suis devenu parrain de lâassociation pour redonner un peu de ce que jâai reçu. â
Photo : Renato, sauvĂ© de la rue par la crĂ©ation dâune premiĂšre crĂšche Ă Arequipa au PĂ©rou, est venu tĂ©moigner lors de la fĂȘte des 40 ans de lâassociation, Ă Pleucadeuc (Morbihan), samedi 6 avril 2024.