17/10/2026
Je ne sais même pas par quoi commencer.
Simplement écœuré. Écœuré de voir tout ça.
17 ans. 17 ans à me battre chaque jour pour faire vivre mon commerce. 17 ans à travailler, à donner toute mon énergie, à essayer d’être le plus honnête possible avec tout le monde.
Mais là, je le prends personnellement.
Vous n’avez pas simplement vandalisé une boutique. Vous avez touché à mon travail, à ma passion, à une partie de ma vie. Et ça, je ne vous le pardonnerai jamais. La vie est déjà suffisamment difficile. Le pouvoir d’achat diminue, les centres-villes se vident, nos commerces souffrent. Chaque jour, on se bat pour continuer à exister.
Lors des manifestations, nous sommes déjà les premiers à en payer les conséquences. Les routes sont bloquées, les clients ne viennent plus. On encaisse, encore et toujours.
Mais ça ne vous suffit pas ? Il faut aussi détruire ce qu’on a mis des années à construire ?
J’ai honte. Honte de voir certains jeunes sans aucun respect casser le travail des autres. Honte de les voir rire devant les dégâts.
Et surtout, marre d’entendre : « Ça va, tu as une assurance ! »MAIS VOUS NE COMPRENEZ DONC RIEN ?
Une assurance ne rembourse pas 17 ans de sacrifices. Elle n’efface ni la peine, ni la colère, ni ce sentiment d’injustice.
Vous voulez exprimer votre colère ? Allez devant l’arsenal, la préfecture, la mairie, C’est eux l’état !
CE N’EST PAS MOI ! JE N’AI RIEN DEMANDÉ !
Moi aussi, je partage une partie de votre colère face à l’état actuel de notre pays.
Mais est-ce que vous me voyez tout casser ? Détruire le travail des autres ?
NON.
J’essaie simplement de travailler, d’être un citoyen respectable, de faire vivre mon entreprise et d’essayer de m’en sortir comme tout le monde. Je crois profondément que chacun finit par répondre de ses actes.
Aujourd’hui, je suis profondément blessé. Je ne sais même pas comment je vais réussir à me relever moralement de tout ça.
Parce que derrière cette vitrine, il y a un homme. Un homme qui a consacré 17 ans de sa vie à construire quelque chose.
Un homme qui n’a rien demandé à personne.
Vous avez cassé mon commerce. Mais vous avez surtout brisé quelque chose en moi.