26/06/2026
L’histoire des sciences de l’éducation puise ses racines dans la Grèce Antique , où des penseurs comme Platon (dans La République) et Aristote ont été parmi les premiers à théoriser l’éducation comme moyen de former le citoyen idéal. L’éducation y était déjà pensée comme un outil de transformation sociale et politique. Durant le Moyen Âge, l’Église devient le principal acteur éducatif en Europe, avant que la Renaissance n’ouvre la voie à une redécouverte de l’individu et du savoir, avec des auteurs comme Érasme ou Comenius (Tchéquie), ce dernier étant considéré comme l’un des pères de la pédagogie moderne grâce à son ouvrage Didactica Magna.
Au XVIIIe siècle, Jean-Jacques Rousseau (France/Suisse), avec Émile ou De l’éducation, révolutionne la vision de l’enfant et défend une éducation naturelle et respectueuse de son développement. Le XIXe siècle marque une rupture avec Émile Durkheim (France), qui fonde les bases de la sociologie de l’éducation, voyant l’école comme un instrument de cohésion sociale. John Dewey (États-Unis), au XXe siècle, introduit l’approche pragmatique et démocratique de l’école, très influente dans les pays anglo-saxons.
En Amérique Latine, Paulo Freire (Brésil), avec Pédagogie des opprimés, propose une éducation libératrice, critique des oppressions sociales. En Afrique et dans les Caraïbes, des chercheurs comme Joseph Ki-Zerbo ou Jean-Pierre Sainton intègrent la dimension postcoloniale et culturelle à la réflexion éducative.
Enfin, en France, des figures comme Philippe Meirieu, Antoine Prost, François Dubet ou encore Gaston Mialaret ont structuré la discipline universitaire des sciences de l’éducation dès les années 1960, en s'appuyant sur des méthodes interdisciplinaires (psychologie, sociologie, histoire, philosophie). Ainsi, d’Athènes à Brasilia, en passant par Paris ou Chicago, les sciences de l’éducation ont toujours été traversées par des enjeux philosophiques, politiques et sociaux profonds.